Grille indiciaire aide-soignant 2026 : salaire réel
Publié le 10 mai 2026
L'aide-soignant est le professionnel de santé le plus nombreux de la fonction publique hospitalière (FPH) : environ 230 000 agents exercent ce métier dans les établissements publics de santé et médico-sociaux (DGAFP, 2024). Pourtant, la question de leur rémunération réelle reste l'une des plus mal documentées sur le web, entre grilles obsolètes, confusion entre brut et net, et impact du Ségur de la santé insuffisamment expliqué.
Combien gagne réellement un aide-soignant en début de carrière ? Quel est l'effet concret des primes sur le salaire net ? La revalorisation Ségur a-t-elle changé durablement l'équation salariale ? Cet article répond à ces trois questions avec les données indiciaires en vigueur au 1er janvier 2026, les textes réglementaires de référence et des exemples de calcul net concrets.
Sommaire
- Cadre statutaire : quel corps et quel grade pour l'aide-soignant ?
- Grille indiciaire aide-soignant 2026 : indices et durées d'échelon
- Valeur du point d'indice et traitement brut : le calcul de base
- Ségur de la santé, IFSE et autres primes : ce qui s'ajoute au traitement
- Du brut au net : ce que l'aide-soignant perçoit réellement
- Évolution de carrière et perspectives salariales
- Comparaisons : FPH, FPT et secteur privé
- Questions fréquentes sur la grille indiciaire aide-soignant
- Ce que la grille ne dit pas : l'attractivité réelle du métier
Cadre statutaire : quel corps et quel grade pour l'aide-soignant ?
Définition synthétique — L'aide-soignant de la fonction publique hospitalière appartient au corps des aides-soignants, catégorie C, régi par le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 modifié. Ce corps comporte un grade unique structuré en 11 échelons depuis la réforme issue du Ségur de la santé.
Avant la réforme Ségur (2021-2022), la grille comprenait 10 échelons. La revalorisation a ajouté un 11e échelon sommital tout en rehaussant l'ensemble des indices, dans le cadre du protocole d'accord du 13 juillet 2020 dit « accords du Ségur ».
Le recrutement s'effectue principalement par concours externe sur épreuves — accessible avec le Diplôme d'État d'Aide-Soignant (DEAS) — ou par concours interne. Pour un panorama complet des concours ouverts en 2026, consultez le guide sur les concours fonction publique 2026.
La nomination a lieu au 1er échelon, sauf reprise d'ancienneté possible en cas d'expérience antérieure dans le secteur public ou privé de santé, selon les règles fixées aux articles 4 à 6 du décret de 2007.
Grille indiciaire aide-soignant 2026 : indices et durées d'échelon
La grille ci-dessous est établie à partir des indices majorés (IM) applicables au 1er janvier 2026, tenant compte des revalorisations successives du point d'indice et des effets de la réforme Ségur. Les durées d'échelon sont celles fixées par le décret de 2007 modifié (avancement à l'ancienneté maximale ; l'avancement à l'ancienneté minimale est possible selon l'appréciation de l'employeur).
- Échelon 1 — Indice majoré : 373 — Durée : 1 an
- Échelon 2 — Indice majoré : 378 — Durée : 2 ans
- Échelon 3 — Indice majoré : 385 — Durée : 2 ans
- Échelon 4 — Indice majoré : 394 — Durée : 2 ans 6 mois
- Échelon 5 — Indice majoré : 407 — Durée : 2 ans 6 mois
- Échelon 6 — Indice majoré : 423 — Durée : 3 ans
- Échelon 7 — Indice majoré : 441 — Durée : 3 ans
- Échelon 8 — Indice majoré : 462 — Durée : 3 ans
- Échelon 9 — Indice majoré : 485 — Durée : 3 ans
- Échelon 10 — Indice majoré : 510 — Durée : 4 ans
- Échelon 11 — Indice majoré : 538 — Durée : échelon terminal
Ces indices s'inscrivent dans le cadre général de la grille indiciaire fonction publique 2026, qui fixe la correspondance entre indice brut, indice majoré et traitement pour l'ensemble des corps de la fonction publique.
Note de lecture : les indices majorés indiqués sont susceptibles d'évoluer si un nouveau relèvement du point d'indice est décidé en cours d'année. La dernière revalorisation générale du point d'indice date du 1er juillet 2023 (+1,5 %), et aucune revalorisation supplémentaire n'avait été annoncée à la date de publication de cet article.
Valeur du point d'indice et traitement brut : le calcul de base
Formule de calcul — Traitement brut mensuel = Indice majoré × valeur annuelle du point ÷ 12.
Depuis le 1er juillet 2023, la valeur annuelle du point d'indice est fixée à 4,92258 € (décret n° 2023-519 du 28 juin 2023). Ce chiffre s'applique aux trois versants de la fonction publique.
Exemples de traitement brut mensuel calculés sur cette base :
- Échelon 1 (IM 373) : 373 × 4,92258 / 12 = 152,79 € × 12 mois → 1 532 € brut/mois environ — mais ce montant ne peut être inférieur au Smic brut (1 801,80 € depuis novembre 2024) : l'Indemnité Différentielle (ID) compense automatiquement la différence.
- Échelon 6 (IM 423) : environ 1 736 € brut/mois — toujours proche du Smic, l'ID peut encore s'appliquer partiellement.
- Échelon 9 (IM 485) : environ 1 990 € brut/mois.
- Échelon 11 (IM 538) : environ 2 208 € brut/mois.
Ces montants constituent la seule base soumise à cotisation retraite. Ils sont donc les seuls éléments pris en compte dans le calcul de la pension, ce qui a des implications importantes abordées dans la section sur la retraite fonctionnaire 2026.
Ségur de la santé, IFSE et autres primes : ce qui s'ajoute au traitement
Le traitement indiciaire brut ne représente qu'une partie de la rémunération réelle de l'aide-soignant. Plusieurs éléments complémentaires s'y ajoutent, certains garantis par texte, d'autres variables selon l'établissement.
Le complément de traitement indiciaire (CTI) Ségur
La mesure la plus structurante issue du Ségur de la santé est le Complément de Traitement Indiciaire (CTI), instauré par le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 et étendu. Depuis le 1er octobre 2021, le CTI est fixé à 183 € brut par mois pour les aides-soignants des établissements publics de santé et des Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) publics. Ce montant est identique pour tous les échelons : il ne progresse pas avec l'ancienneté, mais il est garanti et pérenne.
Le CTI n'est pas soumis à cotisation retraite (il n'est pas intégré dans le traitement indiciaire), ce qui est un point de vigilance pour la projection de pension.
L'Indemnité de Fonctions, de Sujétions et d'Expertise (IFSE)
Le Régime Indemnitaire tenant compte des Fonctions, des Sujétions, de l'Expertise et de l'Engagement Professionnel (RIFSEEP) s'applique à la FPH via l'Indemnité de Fonctions, de Sujétions et d'Expertise (IFSE). Son montant est fixé localement par l'établissement, dans des plafonds réglementaires. Pour les aides-soignants de catégorie C, le plafond annuel est d'environ 11 340 € (soit environ 945 € brut/mois), mais les montants effectivement versés varient fortement d'un établissement à l'autre.
Les primes de sujétion spéciale et autres indemnités
S'ajoutent potentiellement :
- Prime de service (variable selon évaluation, en voie d'extinction dans certains établissements remplacée par le RIFSEEP).
- Indemnités de nuit, de dimanche et de jours fériés : l'aide-soignant travaillant en nuit perçoit une majoration de 0,11 € par heure de nuit (arrêté du 24 mars 1967 modifié), ainsi qu'une indemnité forfaitaire pour les dimanches et jours fériés travaillés.
- Supplément familial de traitement (SFT) : versé en fonction du nombre d'enfants à charge, avec un montant minimal garanti.
- Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI) : accordée pour certaines fonctions (ex. : aide-soignant référent, travail en Unité de Soins Intensifs ou en service de réanimation), selon les textes applicables.
Du brut au net : ce que l'aide-soignant perçoit réellement
Le passage du brut au net s'effectue après déduction des cotisations salariales obligatoires. Pour un fonctionnaire hospitalier, les principales retenues sont :
- Cotisation retraite CNRACL : 11,10 % du traitement indiciaire brut (seul le traitement indiciaire est concerné, pas le CTI ni la plupart des primes).
- Contribution Sociale Généralisée (CSG) : 9,20 % sur 98,25 % du traitement brut + primes (dont le CTI) — taux normal.
- Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) : 0,50 %.
- Cotisation maladie : 0,50 % du traitement brut.
Sur cette base, le taux global de retenues effectives sur le traitement indiciaire avoisine 18 à 20 %, et autour de 10 à 11 % sur les primes (qui ne supportent pas la cotisation CNRACL).
Exemples de salaire net mensuel estimé en 2026 (traitement + CTI, sans les primes variables) :
- Échelon 1 : traitement brut Smic-aidé (environ 1 802 € brut avec ID) + CTI 183 € = ~1 985 € brut → net estimé : 1 700 à 1 750 €.
- Échelon 6 : ~1 736 € brut + CTI 183 € = ~1 919 € brut → net estimé : 1 640 à 1 680 €.
- Échelon 9 : ~1 990 € brut + CTI 183 € = ~2 173 € brut → net estimé : 1 850 à 1 890 €.
- Échelon 11 : ~2 208 € brut + CTI 183 € = ~2 391 € brut → net estimé : 2 040 à 2 080 €.
Ces estimations n'intègrent pas l'IFSE ni les majorations de nuit/dimanche, qui peuvent représenter 100 à 400 € nets supplémentaires selon le rythme de travail. Un aide-soignant travaillant principalement de nuit et les week-ends dans un CHU peut ainsi percevoir un net total sensiblement supérieur à ces fourchettes.
Évolution de carrière et perspectives salariales
La progression dans la grille est automatique à l'ancienneté maximale. Pour un agent recruté au 1er échelon, atteindre l'échelon 11 terminal demande au minimum environ 26 ans de services (en avancement à l'ancienneté maximale). En avancement à la durée minimale — accordé discrétionnairement par l'employeur selon l'évaluation professionnelle — ce délai peut être réduit d'environ 30 %.
Au-delà de la progression indiciaire, les perspectives d'évolution passent par :
- Le concours d'infirmier (accès à la catégorie B puis A depuis la réforme LMD) : c'est la voie de promotion interne la plus courante.
- L'accès au grade d'aide-soignant principal (Aide-Soignant de classe supérieure ou grade équivalent selon les établissements) : cette possibilité varie selon les établissements et les textes locaux.
- La promotion dans le cadre de la loi du 6 août 2019 (« transformation de la fonction publique ») : les employeurs peuvent ouvrir des voies de promotion interne sur dossier.
Il est utile de comparer la trajectoire salariale de l'aide-soignant avec celle d'autres professionnels paramédicaux. Pour la filière soignante de catégorie A et B, voir notamment la grille indiciaire iade, la grille indiciaire ibode, la grille indiciaire manipulateur radio, la grille indiciaire cadre de santé et la grille indiciaire sage-femme.
Comparaisons : FPH, FPT et secteur privé
L'aide-soignant existe également dans la fonction publique territoriale (FPT), notamment dans les centres communaux d'action sociale (CCAS) et les EHPAD territoriaux. Dans la FPT, l'aide-soignant relève du cadre d'emploi des agents sociaux ou des auxiliaires de soins, selon la collectivité — une distinction importante car les grilles et les régimes indemnitaires diffèrent. Pour les opportunités dans ce versant, voir les offres d'emploi territorial.
Dans le secteur privé lucratif (cliniques), le salaire brut de base d'un aide-soignant débutant est généralement fixé à la Convention Collective Nationale du 18 avril 2002 (dite CCN FEHAP pour le privé non lucratif) ou à la CCN SYNERPA pour le lucratif. Les grilles conventionnelles affichent des niveaux comparables en début de carrière, mais l'absence de garantie d'emploi à vie, les différences de régime retraite et la variabilité des primes constituent des paramètres de comparaison essentiels.
En net, et à temps complet, un aide-soignant du public en milieu de carrière (échelon 7-8) avec un rythme incluant des nuits et week-ends perçoit un salaire total généralement compris entre 1 900 et 2 200 € nets. Ce niveau reste en dessous de la médiane nationale des salaires nets (environ 2 200 € selon l'INSEE, 2023), mais avec un statut, une progression garantie et un régime de retraite spécifique.
Questions fréquentes sur la grille indiciaire aide-soignant
Le CTI Ségur est-il versé dans tous les établissements publics ?
Oui, pour les établissements relevant de la FPH (hôpitaux publics, EHPAD publics, établissements médico-sociaux relevant de la FPH). Les aides-soignants des EHPAD territoriaux (FPT) ont bénéficié d'une extension du CTI à compter du 1er janvier 2022 via une disposition spécifique.
L'indemnité différentielle (Smic) est-elle automatique ?
Oui. Lorsque le traitement indiciaire brut est inférieur au Smic brut mensuel, l'Indemnité Différentielle est versée automatiquement par l'établissement, sans démarche de l'agent. Elle garantit que le traitement brut ne peut être inférieur au Smic.
Les primes comptent-elles pour la retraite ?
Non pour la plupart. La pension de retraite de la Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales (CNRACL) est calculée sur la base du seul traitement indiciaire brut (hors primes et indemnités, hors CTI). C'est l'une des spécificités majeures du régime des fonctionnaires par rapport aux salariés du privé. Pour un calcul détaillé, voir l'article sur la retraite fonctionnaire 2026.
Un aide-soignant à temps partiel est-il payé proportionnellement ?
Oui. Le traitement et les primes soumises à temps de travail sont proratisés. Le CTI, en revanche, est versé à taux plein à partir de 50 % de temps de travail, puis proratisé en dessous de ce seuil (selon les textes d'application du Ségur).
Quand les indices sont-ils revalorisés ?
La revalorisation du point d'indice relève d'une décision gouvernementale par décret. Il n'existe pas de mécanisme automatique d'indexation sur l'inflation. Depuis 2016, le point a été revalorisé en 2016 (+0,6 %), 2022 (+3,5 % au 1er juillet) et 2023 (+1,5 % au 1er juillet). Aucune revalorisation n'était programmée pour 2025-2026 à la date de publication.
Ce que la grille ne dit pas : l'attractivité réelle du métier
La grille indiciaire aide-soignant 2026 décrit une progression automatique, sécurisée, mais lente : entre le 1er et le 11e échelon, la progression de l'indice majoré est de 44 % (de 373 à 538 IM), étalée sur environ 26 ans. Le CTI a représenté un gain réel et significatif en 2020-2022, mais il n'a pas fondamentalement modifié le positionnement salarial du métier dans l'économie française. Les établissements qui recrutent le plus difficilement sont précisément ceux où les contraintes de planning (nuits, week-ends, sous-effectif) sont les plus fortes, sans que la grille nationale ne puisse différencier ces situations.
Pour les professionnels qui envisagent ce métier ou souhaitent progresser, la grille indiciaire est un plancher, pas un plafond : les primes variables, les indemnités de sujétion et la progression vers d'autres corps paramédicaux constituent les leviers réels de rémunération. Pour explorer les offres disponibles, la plateforme emploi public recense les postes d'aide-soignant ouverts dans les établissements de la FPH et de la FPT en France.
Références : Décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 portant statut particulier du corps des aides-soignants de la FPH (Légifrance) · Décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 instituant une indemnité complémentaire au profit de certains personnels des établissements publics de santé (Légifrance) · Décret n° 2023-519 du 28 juin 2023 portant revalorisation du point d'indice de la fonction publique (Légifrance) · DGAFP, Rapport annuel sur l'état de la fonction publique 2024 · INSEE, Salaires dans le secteur privé et semi-public, résultats 2023.
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