Retraite fonctionnaire 2026 : âge légal, calcul de la pension et obligations employeur

Publié le 10 avril 2026

Avec près de 800 000 départs à la retraite attendus dans la fonction publique d'ici 2030 (DGAFP, Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, 2023), la retraite des fonctionnaires est un enjeu massif pour les employeurs publics comme pour les agents eux-mêmes. La réforme du 14 avril 2023 a modifié en profondeur les conditions de départ — âge légal relevé à 64 ans, durée de cotisation portée à 172 trimestres pour les générations les plus récentes, nouvelles catégories de carrières longues — sans pour autant simplifier un régime déjà complexe qui distingue fonctionnaires d'État, territoriaux et hospitaliers.

À quel âge un fonctionnaire peut-il partir à la retraite en 2026 ? Comment est calculée sa pension et quels éléments l'employeur public doit-il transmettre à la caisse de retraite ? Quels droits spécifiques les agents en catégorie active conservent-ils après la réforme ? Cet article décrypte l'ensemble du régime de retraite des fonctionnaires applicable en 2026, du calcul de la pension aux bonnes pratiques de gestion RH pour anticiper les départs.

Sommaire

  1. Définition et principes du régime de retraite des fonctionnaires

  2. Les conditions de départ à la retraite fonctionnaire en 2026

  3. Les enjeux de la retraite fonctionnaire pour les employeurs publics

  4. Le cadre réglementaire de la retraite dans la fonction publique

  5. Préparer et gérer les départs à la retraite : bonnes pratiques pour les employeurs

  6. Questions fréquentes sur la retraite fonctionnaire

1. Définition et principes du régime de retraite des fonctionnaires

La retraite fonctionnaire est un régime spécial de retraite, distinct du régime général de la Sécurité sociale, qui garantit à chaque fonctionnaire titulaire une pension calculée sur la base de son dernier traitement indiciaire brut et de sa durée de services validés. Ce régime, géré par la CNRACL pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers et par le Service des retraites de l'État (SRE) pour les fonctionnaires d'État, repose sur un principe de solidarité intergénérationnelle : les cotisations des agents en activité financent les pensions des retraités actuels.

Contrairement au régime général qui calcule la pension sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire, le régime de retraite des fonctionnaires retient le dernier traitement indiciaire brut détenu depuis au moins six mois avant la cessation de fonctions. Cette spécificité rend le régime très favorable en fin de carrière pour les agents qui bénéficient d'un avancement de grade ou d'une promotion dans les dernières années de service, et explique pourquoi certains agents ont intérêt à optimiser leur situation indiciaire avant leur départ à la retraite.

Définition synthétique — La retraite fonctionnaire est une pension viagère versée par la CNRACL (FPT et FPH) ou le SRE (FPE) à tout fonctionnaire titulaire ayant accompli au moins deux ans de services effectifs. Son montant est calculé selon la formule : traitement indiciaire brut de référence × taux de liquidation × (durée de services et bonifications / durée de référence). Depuis la réforme du 14 avril 2023 (loi n° 2023-270), l'âge légal de départ est fixé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968, avec une durée de cotisation portée à 172 trimestres pour le taux plein.

Les spécificités du régime fonctionnaire par rapport au régime général

  • Assiette de calcul : dernier traitement indiciaire brut (hors primes et indemnités), contre moyenne des 25 meilleures années dans le régime général — avantage structurel pour les fins de carrière ascendantes.

  • Taux de cotisation salarial : 11,10 % du traitement indiciaire brut pour les fonctionnaires relevant de la CNRACL ou du SRE, contre 6,90 % pour les salariés du régime général — contribution salariale plus élevée.

  • Pension minimale garantie : tout fonctionnaire justifiant de la durée de cotisation requise pour le taux plein bénéficie d'un minimum garanti indexé sur le traitement indiciaire minimum de la fonction publique.

  • Bonifications : certaines situations ouvrent droit à des bonifications de durée (enfants, services actifs, campagnes militaires) qui s'ajoutent aux services effectifs pour le calcul de la pension.

2. Les conditions de départ à la retraite fonctionnaire en 2026

Les conditions de départ à la retraite fonctionnaire en 2026 sont déterminées par la réforme du 14 avril 2023, dont les effets montent en charge progressivement selon l'année de naissance de l'agent. Trois paramètres sont à maîtriser : l'âge légal de départ, la durée de cotisation requise pour obtenir le taux plein et les dispositifs de départ anticipé qui permettent de partir avant l'âge légal.

Âge légal et durée de cotisation en 2026

  • Âge légal de départ : 64 ans pour les fonctionnaires nés à partir de 1968 ; pour les générations antérieures, l'âge légal est compris entre 62 ans (nés avant 1955) et 64 ans selon un calendrier de montée en charge fixé par la réforme de 2023.

  • Durée de cotisation pour le taux plein : 172 trimestres (43 ans) pour les générations nées à partir de 1965 ; les générations antérieures bénéficient de durées légèrement inférieures selon le même calendrier progressif.

  • Taux de liquidation : 75 % du traitement indiciaire de référence au taux plein (172 trimestres ou âge d'annulation de la décote) ; en dessous du taux plein, une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique dans la limite de 20 trimestres.

  • Surcote : tout trimestre cotisé au-delà de la durée requise pour le taux plein et après l'âge légal ouvre droit à une surcote de 1,25 % par trimestre, majorant le taux de liquidation au-delà de 75 %.

Les catégories actives et les départs anticipés

  • Catégorie active : les fonctionnaires dont l'emploi présente un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles (personnels de surveillance pénitentiaire, sapeurs-pompiers professionnels, certains agents hospitaliers…) conservent un âge légal abaissé de 2 à 5 ans selon le corps, maintenu après la réforme de 2023.

  • Carrières longues : les fonctionnaires ayant commencé à travailler avant 20 ans et justifiant de la durée requise peuvent partir entre 58 et 63 ans selon leur année de début de carrière et leur durée de cotisation totale.

  • Invalidité : le fonctionnaire reconnu inapte définitivement à l'exercice de ses fonctions peut être mis à la retraite pour invalidité sans condition d'âge ni de durée de services, avec une pension calculée sur la base d'une durée fictive allant jusqu'à la limite d'âge.

  • Parents de trois enfants : le droit au départ anticipé après 15 ans de services pour les parents de trois enfants ou d'un enfant handicapé, issu du droit antérieur, a été supprimé pour les agents nés après 1956 par la réforme de 2023 ; les droits acquis avant la réforme sont maintenus.

Le cumul emploi-retraite et la retraite progressive

  • Cumul emploi-retraite intégral : après la liquidation définitive de la pension, un fonctionnaire retraité peut reprendre une activité professionnelle dans le secteur public ou privé et cumuler intégralement sa pension avec ses nouveaux revenus, sous réserve de respecter les règles de déontologie applicables à son ancien emploi.

  • Retraite progressive : dispositif créé par la réforme de 2023 permettant de travailler à temps partiel (50 % à 90 %) tout en percevant une fraction de pension dès 62 ans et 150 trimestres ; le détail des conditions et du calcul est disponible dans l'article retraite progressive fonctionnaire.

  • Minimum garanti : tout fonctionnaire liquidant sa pension au taux plein bénéficie d'un minimum garanti dont le montant est revalorisé chaque année par arrêté ; en 2026, ce minimum est supérieur au minimum contributif du régime général.

Chiffres clés

  • 64 ans — âge légal de départ à la retraite pour les fonctionnaires nés à partir de 1968, fixé par la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 — source : loi n° 2023-270, art. 10

  • 172 trimestres — durée de cotisation requise pour le taux plein pour les générations nées à partir de 1965, soit 43 années de services — source : loi n° 2023-270, art. 10

  • 75 % — taux de liquidation maximal de la pension fonctionnaire, plafonné à 75 % du traitement indiciaire de référence hors surcote — source : CGFP, art. L741-1

  • 800 000 — départs à la retraite attendus dans la fonction publique d'ici 2030, représentant un renouvellement massif des effectifs publics — source : DGAFP, Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, 2023

3. Les enjeux de la retraite fonctionnaire pour les employeurs publics

Les départs massifs à la retraite dans la fonction publique d'ici 2030 placent les employeurs publics devant quatre enjeux simultanés : anticiper les vagues de départs pour éviter les ruptures de compétences, gérer les procédures administratives de liquidation sans erreur, maîtriser l'impact sur la masse salariale et adapter leur politique de recrutement pour compenser les effectifs perdus dans un marché de l'emploi public sous tension.

  • Anticipation des vagues de départs : sans cartographie prévisionnelle des départs à la retraite à cinq ans, les collectivités et établissements se retrouvent en situation de recrutement d'urgence, contraints d'accepter des profils sous-qualifiés ou de recourir massivement aux contractuels pour maintenir la continuité du service.

  • Sécurité juridique des procédures de liquidation : toute erreur dans la transmission des éléments de carrière à la CNRACL ou au SRE — indice majoré inexact, bonifications non déclarées, période de temps partiel mal comptabilisée — peut conduire à un calcul incorrect de la pension et exposer l'employeur à une demande de régularisation ou à un contentieux.

  • Transmission des compétences : les agents partant à la retraite emportent avec eux des savoir-faire implicites, des réseaux relationnels et une mémoire institutionnelle irremplaçables ; sans dispositif structuré de transmission (tutorat, documentation, retraite progressive), ces ressources sont perdues définitivement.

  • Impact budgétaire du renouvellement : remplacer un agent partant à la retraite de catégorie A après 35 ans de carrière par un agent débutant entraîne une baisse temporaire de masse salariale mais un coût de formation et d'intégration élevé ; à l'inverse, maintenir le poste vacant génère une surcharge de travail pour les équipes restantes, augmentant le risque d'absentéisme.

4. Le cadre réglementaire de la retraite dans la fonction publique

Le cadre réglementaire de la retraite fonctionnaire repose sur quatre textes fondamentaux qui définissent les conditions de départ, les modalités de calcul de la pension, les obligations de l'employeur et les droits spécifiques de certaines catégories d'agents. La réforme de 2023 a modifié plusieurs paramètres clés sans remettre en cause l'architecture générale du régime, ce qui impose aux services RH une double maîtrise : les règles anciennes pour les agents déjà proches de la retraite et les nouvelles règles pour les agents en milieu de carrière.

  1. CGFP, articles L731-1 à L761-1 : constituent le socle du régime de retraite des fonctionnaires des trois versants ; définissent les conditions de liquidation de la pension (âge, durée de services, taux de liquidation, décote, surcote), les règles de calcul du traitement de référence et les droits à bonification ; ces articles ont été modifiés par la loi de 2023 pour intégrer les nouveaux paramètres d'âge et de durée.

  2. Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme des retraites : relève l'âge légal de départ à 64 ans par génération selon un calendrier progressif, porte la durée de cotisation à 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965, réforme les dispositifs de départ anticipé (carrières longues, catégorie active) et crée la retraite progressive pour les fonctionnaires ; son application est progressive et impose aux employeurs de maîtriser les règles applicables à chaque génération d'agents.

  3. Décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la CNRACL : fixe les modalités pratiques de liquidation de la pension pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, les pièces justificatives du dossier de retraite, les délais d'instruction et les modalités de calcul des bonifications ; son respect par l'employeur conditionne la régularité et la rapidité de la liquidation par la CNRACL.

  4. Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, articles 75 à 79 : précisent pour la FPT les conditions de mise à la retraite d'office à la limite d'âge (67 ans pour la catégorie sédentaire), les modalités de maintien en activité au-delà de la limite d'âge sur demande de l'agent et les obligations de l'assemblée délibérante en matière de décision de mise à la retraite ; un agent atteint la limite d'âge est mis à la retraite d'office sans qu'aucune décision individuelle ne soit nécessaire.

Point de vigilance : l'employeur public doit transmettre le dossier de demande de retraite à la CNRACL ou au SRE au moins six mois avant la date de départ souhaitée par l'agent. Un dossier transmis tardivement ou incomplet retarde la liquidation et peut contraindre l'agent à rester en activité au-delà de sa date de départ prévue, ou à percevoir sa pension avec plusieurs mois de décalage. La responsabilité de l'employeur est engagée en cas de préjudice financier subi par l'agent du fait d'un dossier mal instruit.

5. Préparer et gérer les départs à la retraite : bonnes pratiques pour les employeurs

5.1 Construire une cartographie prévisionnelle des départs

La cartographie prévisionnelle des départs à la retraite est le premier outil de pilotage RH à mettre en place pour anticiper les vagues de départs d'ici 2030. Elle consiste à identifier, service par service, les agents susceptibles de partir dans les trois à cinq prochaines années, en croisant leur année de naissance, leur durée de cotisation estimée et les paramètres de la réforme de 2023 applicables à leur génération. Cette cartographie permet de prioriser les recrutements, de programmer les transmissions de compétences et d'alerter les directions opérationnelles bien avant que le départ ne soit imminent.

  • Extraire du SIRH la liste des agents nés avant 1964 et calculer leur âge légal de départ selon les paramètres de la réforme 2023 applicables à leur génération.

  • Croiser cette liste avec les postes critiques dont la vacance prolongée affecterait directement la continuité du service public.

  • Actualiser la cartographie chaque année en intégrant les nouvelles informations de carrière et les éventuels changements de situation (rachat de trimestres, validation de services non titulaires).

5.2 Informer et accompagner les agents dans leur préparation au départ

Les agents publics sont souvent mal informés des modalités précises de leur retraite fonctionnaire et des démarches à accomplir. Les employeurs publics qui organisent des réunions d'information collective à partir de 58 ans et proposent des entretiens individuels de préparation au départ obtiennent des dossiers mieux constitués, des délais de traitement plus courts et des agents qui partent dans les conditions optimales pour leur pension. Cette démarche proactive réduit aussi les demandes individuelles improvisées au service RH.

  • Organiser des réunions d'information annuelles sur la retraite fonctionnaire, en lien avec la CNRACL ou le SRE, pour les agents ayant entre 58 et 62 ans.

  • Proposer un entretien individuel de bilan de carrière à tout agent qui en fait la demande dès 55 ans, incluant une estimation de la pension prévisionnelle à différentes dates de départ.

  • Remettre à chaque agent approchant de la retraite un guide pratique des démarches, incluant les délais, les pièces justificatives et les contacts utiles à la CNRACL ou au SRE.

5.3 Sécuriser l'instruction des dossiers de liquidation

Sécuriser l'instruction d'un dossier de retraite fonctionnaire repose sur trois vérifications préalables : contrôler l'exactitude de l'indice majoré de référence détenu depuis au moins six mois, recenser toutes les périodes de services validables (services militaires, périodes contractuelles, temps partiel) et transmettre le dossier complet à la CNRACL ou au SRE au moins six mois avant la date de départ prévue. Trois erreurs concentrent la majorité des incidents de liquidation : la transmission d'un indice majoré inexact, l'omission de périodes de services validables et le retard de transmission qui décale la date d'effet de la pension — chacune pouvant générer un recalcul rétroactif coûteux et engager la responsabilité de l'employeur.

  • Vérifier systématiquement la situation individuelle de retraite (SIR) de l'agent auprès de la CNRACL six mois avant le départ prévu, pour détecter les anomalies de carrière avant la liquidation.

  • Transmettre le dossier complet à la CNRACL ou au SRE au moins six mois avant la date de départ, avec toutes les pièces justificatives des périodes de services à valider.

  • Désigner un référent retraite dans le service RH, chargé du suivi de tous les dossiers en cours et de la relation avec la CNRACL ou le SRE.

5.4 Organiser la transmission des compétences avant le départ

La transmission des compétences avant un départ à la retraite fonctionnaire est le levier le plus sous-exploité par les employeurs publics, alors qu'il conditionne directement la continuité du service et la qualité de l'intégration du successeur. Les trois outils les plus efficaces sont le tutorat formalisé (l'agent partant accompagne son successeur pendant six à douze mois), la documentation des procédures critiques (cartographie des processus, fiches de procédure, annuaires de contacts) et la retraite progressive qui prolonge naturellement la période de chevauchement. Sans ces dispositifs, le départ d'un agent expérimenté crée un vide qui peut prendre deux à trois ans à combler.

  • Intégrer dans le plan de formation annuel un module de tutorat pour les agents identifiés comme partant dans les deux prochaines années, financé via le CNFPT pour les agents territoriaux.

  • Lancer la documentation des procédures critiques dès que le départ est confirmé, en mobilisant l'agent partant comme expert métier plutôt que comme simple exécutant.

  • Proposer systématiquement la retraite progressive aux agents éligibles comme alternative au départ immédiat, pour prolonger la période de transmission de six mois à trois ans selon les besoins du service.

6. Questions fréquentes sur la retraite fonctionnaire

Qu'est-ce que le traitement de référence et comment est-il déterminé pour le calcul de la pension ?

Le traitement de référence pour le calcul de la retraite fonctionnaire est le dernier traitement indiciaire brut détenu par l'agent depuis au moins six mois avant la cessation de fonctions, hors primes et indemnités. Si l'agent n'a pas détenu son dernier indice depuis six mois, c'est l'indice précédent qui sert de base. Ce traitement de référence est multiplié par le taux de liquidation (au maximum 75 %) et par le rapport entre la durée de services validés et la durée de référence pour obtenir le montant brut de la pension mensuelle.

Comment calculer sa pension de retraite fonctionnaire en 2026 ?

La formule de calcul est : pension = traitement indiciaire brut de référence × taux de liquidation × (trimestres liquidables / durée de référence). Le taux de liquidation est de 75 % au maximum, atteint lorsque la durée liquidable est égale ou supérieure à la durée de référence (172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965). En cas de durée insuffisante, une décote de 1,25 % par trimestre manquant est appliquée. La CNRACL et le SRE mettent à disposition des simulateurs en ligne permettant à chaque agent d'estimer sa pension prévisionnelle à différentes dates de départ.

Quelles sont les différences de retraite entre un fonctionnaire titulaire et un agent contractuel ?

Un fonctionnaire titulaire relève du régime spécial géré par la CNRACL (FPT/FPH) ou le SRE (FPE), avec une pension calculée sur son dernier traitement indiciaire brut. Un agent contractuel relève du régime général de la Sécurité sociale et de l'IRCANTEC (régime complémentaire des agents non titulaires de l'État et des collectivités), avec une pension calculée sur la moyenne de ses 25 meilleures années de salaire brut. En pratique, le régime des titulaires est plus avantageux pour les fins de carrière avec des indices élevés, tandis que le régime général peut être plus favorable pour les carrières avec des primes importantes non intégrées dans l'assiette CNRACL.

Quelle est la limite d'âge pour rester en activité dans la fonction publique ?

La limite d'âge dans la fonction publique est fixée à 67 ans pour la catégorie sédentaire (CGFP, art. L556-1) et à des âges inférieurs pour les catégories actives selon leur corps. À la limite d'âge, l'agent est mis à la retraite d'office par l'employeur, sans qu'une décision individuelle soit nécessaire. Un maintien en activité au-delà de la limite d'âge est possible sous conditions strictes (emploi fonctionnel, nécessité de service) sur demande de l'agent et accord de l'employeur, mais ne peut excéder dix trimestres au maximum.

Pourquoi est-il important pour un employeur public d'anticiper les départs à la retraite fonctionnaire ?

Anticiper les départs à la retraite est crucial pour trois raisons simultanées. D'abord, les 800 000 départs attendus d'ici 2030 (DGAFP, 2023) vont créer des besoins de recrutement massifs dans un marché de l'emploi public déjà sous tension — les collectivités qui attendent le dernier moment se retrouvent en concurrence directe pour les mêmes profils. Ensuite, chaque dossier de liquidation transmis tardivement à la CNRACL retarde le versement de la pension et engage la responsabilité de l'employeur. Enfin, sans transmission de compétences organisée, le départ d'un agent expérimenté crée une rupture de service qui peut prendre plusieurs années à combler.

Conclusion

La retraite fonctionnaire est en 2026 un sujet de gestion RH aussi stratégique que technique. La réforme de 2023 a modifié les paramètres fondamentaux — âge légal à 64 ans, 172 trimestres pour le taux plein — sans simplifier un régime qui reste spécifique par son assiette de calcul, ses catégories actives et ses dispositifs de départ anticipé. Pour les employeurs publics, maîtriser ces règles n'est plus optionnel : avec 800 000 départs attendus d'ici 2030, chaque collectivité et chaque établissement va être confronté dans les prochaines années à des vagues de départs qui remettront en question leur organisation, leurs compétences disponibles et leur capacité de recrutement.

Les employeurs qui traitent la retraite fonctionnaire comme un processus à piloter — cartographie prévisionnelle, information des agents, instruction rigoureuse des dossiers, transmission des compétences — sont ceux qui traversent ces vagues sans rupture de service et avec des équipes reconstituées dans les meilleures conditions. Ceux qui la subissent au fil des demandes individuelles accumulent les retards de liquidation, les pertes de compétences et les coûts de recrutement d'urgence évitables.

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Références : DGAFP — Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, édition 2023 · FNCDG — Observatoire des emplois territoriaux, rapport 2022 · Code général de la fonction publique (CGFP), articles L731-1 à L761-1, en vigueur depuis le 1er mars 2022, modifiés par la loi n° 2023-270 · Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme du système de retraites, articles 10 et suivants · Décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la CNRACL · Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, articles 75 à 79 · CNFPT — Observatoire de l'emploi, des métiers et des compétences, 2022 · Jobpublic — Benchmark attractivité employeurs publics, 2023 (données internes, disponibles sur demande).


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