Grille indiciaire infirmier hospitalier 2026 : post-Ségur

Publié le 11 mai 2026

La grille indiciaire infirmier hospitalier a subi en cinq ans plus de transformations qu'au cours des deux décennies précédentes. Le « Ségur de la santé » de juillet 2020 a d'abord injecté 183 points de base dans la rémunération des agents de la Fonction Publique Hospitalière (FPH), avant que la réforme dite Nouvelle Échelle des Soignants (NES), entrée en vigueur le 1er octobre 2021, ne restructure en profondeur la grille elle-même (Décret n° 2021-1256 du 29 septembre 2021). Résultat : un infirmier en début de carrière perçoit aujourd'hui un traitement indiciaire brut sensiblement supérieur à celui de 2019, mais la lisibilité de la grille reste un défi pour les agents comme pour les employeurs.

Comment se compose exactement la grille en vigueur en 2026 ? Quels échelons ont réellement progressé ? Le Ségur se traduit-il par un gain durable ou partiellement absorbé par la valeur du point ? Cet article répond à ces trois questions en détaillant chaque échelon, les durées de progression et les conséquences concrètes sur la fiche de paie.

Sommaire

  1. Cadre statutaire : dans quelle catégorie se situe l'infirmier hospitalier ?
  2. La grille indiciaire infirmier hospitalier 2026 échelon par échelon
  3. Ce que Ségur et la NES ont réellement modifié
  4. Du traitement indiciaire au salaire net : les composantes à connaître
  5. Durée de carrière et perspectives d'évolution
  6. Comparaison avec les autres paramédicaux de la FPH
  7. Questions fréquentes sur la grille indiciaire infirmier
  8. Ce que la grille 2026 dit de l'attractivité infirmière

Cadre statutaire : dans quelle catégorie se situe l'infirmier hospitalier ?

Définition synthétique — L'infirmier en soins généraux recruté dans la Fonction Publique Hospitalière relève du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés (ISGS), classé en catégorie A depuis la réforme LMD de 2012. Il est régi par le Décret n° 2012-1420 du 18 décembre 2012, modifié par le Décret n° 2021-1256 du 29 septembre 2021 qui a institué la Nouvelle Échelle des Soignants.

Ce passage en catégorie A est fondamental : il signifie que la grille indiciaire infirmier hospitalier est directement comparée à celle des autres corps de catégorie A de la fonction publique, avec des indices de début de grille désormais proches de ceux d'un attaché territorial ou d'un professeur certifié stagiaire. Cela modifie également les conditions de départ en retraite et le calcul de la pension, un point développé plus loin.

Il convient de distinguer l'infirmier en soins généraux des infirmiers spécialisés — Infirmier Anesthésiste Diplômé d'État (IADE) et Infirmier de Bloc Opératoire Diplômé d'État (IBODE) — qui disposent de grilles spécifiques de catégorie A+, ainsi que du cadre de santé, corps de niveau supérieur. Chacun fait l'objet d'un article dédié sur ce site.

La grille indiciaire infirmier hospitalier 2026 échelon par échelon

La grille NES comprend 11 échelons. Les indices bruts ci-dessous sont les indices majorés (IM) en vigueur au 1er janvier 2026, après application de la valeur du point d'indice fixée à 4,92 € brut mensuel depuis le 1er juillet 2023 (arrêté du 27 juin 2023).

  • Échelon 1 — IM 404 — durée : 1 an — traitement brut mensuel : 1 987,68 €
  • Échelon 2 — IM 421 — durée : 1 an — traitement brut mensuel : 2 071,32 €
  • Échelon 3 — IM 442 — durée : 2 ans — traitement brut mensuel : 2 174,64 €
  • Échelon 4 — IM 462 — durée : 2 ans — traitement brut mensuel : 2 273,04 €
  • Échelon 5 — IM 484 — durée : 2 ans — traitement brut mensuel : 2 381,28 €
  • Échelon 6 — IM 510 — durée : 3 ans — traitement brut mensuel : 2 509,20 €
  • Échelon 7 — IM 544 — durée : 3 ans — traitement brut mensuel : 2 676,48 €
  • Échelon 8 — IM 580 — durée : 3 ans — traitement brut mensuel : 2 853,60 €
  • Échelon 9 — IM 618 — durée : 4 ans — traitement brut mensuel : 3 040,56 €
  • Échelon 10 — IM 657 — durée : 4 ans — traitement brut mensuel : 3 232,44 €
  • Échelon 11 — IM 698 — durée : sommet de grille — traitement brut mensuel : 3 434,16 €

La durée totale de la grille est de 25 ans pour atteindre le sommet, sans bonification ni réduction d'ancienneté. En pratique, les avancements à l'ancienneté réduite ou à la durée minimale, accordés par le directeur d'établissement au titre de la valeur professionnelle, permettent à un agent performant de progresser plus rapidement. Pour une vision d'ensemble sur la logique des grilles dans la fonction publique, la grille indiciaire fonction publique 2026 offre un cadre de référence utile.

Ces montants bruts s'entendent hors primes et indemnités. Le traitement indiciaire brut reste la base de calcul de la pension de retraite, ce qui lui confère un poids particulier dans l'arbitrage entre traitement de base et régime indemnitaire.

Ce que Ségur et la NES ont réellement modifié

Deux réformes distinctes se superposent, et leur confusion est fréquente. Il est utile de les dissocier.

Le Ségur de la santé (juillet 2020) a introduit une revalorisation uniforme de 183 points d'indice majoré sous forme d'un complément de traitement indiciaire (CTI), puis intégré partiellement dans le traitement de base. Cette mesure a bénéficié à l'ensemble des personnels non médicaux de la FPH, sans modifier la structure des échelons. Son intégration progressive dans l'indice de traitement a conduit à une recomposition des grilles.

La Nouvelle Échelle des Soignants (NES, octobre 2021) a réformé structurellement la grille en :

  • Supprimant l'ancienne grille à 11 échelons avec chevrons (issue du passage en catégorie A de 2012), jugée peu lisible ;
  • Créant une nouvelle grille à 11 échelons sans chevrons, avec des indices de début de grille relevés de 35 à 40 points par rapport à la situation pré-NES ;
  • Intégrant 25 des 183 points du CTI Ségur dans le traitement de base, les 158 points restants étant maintenus comme complément indemnitaire (non cotisable pour la retraite).

Ce dernier point mérite attention : les 158 points CTI non intégrés dans le traitement de base n'entrent pas dans l'assiette de calcul de la pension. Un infirmier hospitalier qui compare son bulletin de salaire à celui d'un collègue du secteur privé doit avoir conscience que cette partie de la revalorisation n'alimentera pas ses droits à la retraite de base du régime spécial. Pour les implications en matière de pension, l'article sur la retraite fonctionnaire 2026 détaille le mécanisme de calcul applicable.

En termes nets, un infirmier en échelon 1 perçoit en 2026 environ 350 € bruts de plus par mois qu'en 2019, toutes composantes confondues (intégration NES + CTI résiduel). C'est significatif, mais cela place toujours le salaire d'entrée sous le seuil de 2 000 € bruts de traitement indiciaire seul — une tension réelle sur l'attractivité des postes, notamment dans les zones tendues.

Du traitement indiciaire au salaire net : les composantes à connaître

Le traitement indiciaire brut n'est pas le salaire perçu. La fiche de paie d'un infirmier hospitalier se compose de plusieurs éléments qu'il est utile d'identifier.

Éléments fixes :

  • Traitement indiciaire brut : base de la grille, cotisable pour la retraite ;
  • Complément de traitement indiciaire (CTI) : 158 points résiduels issus du Ségur, soit environ 777,36 € bruts mensuels supplémentaires au 1er janvier 2026 ;
  • Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI) : accordée selon les fonctions (soins intensifs, coordination, etc.), entre 10 et 30 points selon le poste ;
  • Indemnité de résidence : 0 %, 1 % ou 3 % du traitement brut selon la zone géographique.

Éléments variables :

  • Indemnités de sujétion spéciale : nuit, dimanche, jours fériés (taux réglementaires fixés par décret) ;
  • Prime de service : calculée sur le traitement brut, versée annuellement selon l'évaluation ;
  • Supplément familial de traitement (SFT) : selon le nombre d'enfants à charge ;
  • Heures supplémentaires : indemnisées ou récupérées selon le règlement intérieur de l'établissement.

Les cotisations salariales applicables à la FPH incluent la contribution au régime de retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP, taux de 5 % sur la part indemnitaire dans la limite de 20 % du traitement brut) et la contribution exceptionnelle de solidarité (0,3 %). Le taux de cotisation retraite principal est de 11,10 % du traitement brut. Après déduction de l'ensemble des cotisations, le taux de passage brut/net se situe généralement entre 78 % et 82 % selon la situation individuelle et l'établissement.

Durée de carrière et perspectives d'évolution

Un infirmier recruté à l'échelon 1 à l'âge moyen de 23 ans atteint le sommet de grille (échelon 11) au bout de 25 ans, soit vers 48 ans, s'il ne bénéficie d'aucun avancement accéléré. Cette durée est plus courte que celle de l'ancienne grille pré-NES (qui intégrait des chevrons pouvant allonger la progression), mais elle reste longue au regard des grilles comparables du secteur privé hospitalier.

Les voies d'évolution au-delà de l'échelon 11 sont les suivantes :

  • Concours interne de cadre de santé : accès au corps de catégorie A supérieure, avec une grille débutant au-dessus de l'IM 500. La grille indiciaire cadre de santé détaille ce positionnement ;
  • Concours d'IADE ou d'IBODE : spécialisation donnant accès à des grilles de catégorie A+, significativement plus élevées — voir la grille indiciaire IADE et la grille indiciaire IBODE ;
  • Mobilité vers la Fonction Publique Territoriale : certains postes en collectivité (EHPAD publics, services de santé scolaire) offrent des conditions d'emploi comparables avec parfois plus de souplesse organisationnelle. L'emploi territorial constitue une piste à ne pas négliger pour les infirmiers souhaitant diversifier leur parcours ;
  • Accès aux concours de la Fonction Publique d'État : infirmiers des armées, de l'Éducation nationale ou de l'administration pénitentiaire, relevant de statuts spécifiques. Les modalités d'accès sont présentées dans le dossier sur les concours fonction publique 2026.

La stagnation au sommet de grille sans perspective de promotion est l'un des facteurs de désengagement les plus documentés dans les enquêtes de la DGAFP. Un infirmier de 50 ans à l'échelon 11 ne peut progresser qu'en changeant de corps — ce que la structure actuelle ne facilite pas spontanément.

Comparaison avec les autres paramédicaux de la FPH

La grille indiciaire infirmier hospitalier se situe au centre d'une hiérarchie paramedicale dont les contours ont été redessinés par la NES et les revalorisations associées.

En dessous : les aides-soignants, classés en catégorie B, disposent d'une grille dont l'indice terminal est inférieur à l'indice de départ d'un infirmier NES. La grille indiciaire aide-soignant illustre cet écart, qui reste une source de tension dans les équipes soignantes.

Au même niveau ou proche : les manipulateurs en électroradiologie médicale (MER) relèvent d'un corps de catégorie A dont la grille est structurellement proche de celle des infirmiers NES, avec des spécificités liées à l'exposition aux rayonnements. La grille indiciaire manipulateur radio permet une comparaison directe.

Au-dessus : les IADE et les IBODE, reconnus en catégorie A+, bénéficient d'indices supérieurs dès le premier échelon et d'un sommet de grille nettement plus élevé. Le cadre de santé, quant à lui, ajoute une dimension managériale qui justifie le différentiel indiciaire.

Cette hiérarchie soulève une question de fond : la NES a-t-elle suffisamment resserré l'écart entre les infirmiers et les autres professionnels de santé de niveau master (kinésithérapeutes libéraux, orthophonistes) ? Les organisations syndicales répondent par la négative, en citant notamment l'écart persistant avec les rémunérations du secteur privé lucratif pour les profils expérimentés.

Questions fréquentes sur la grille indiciaire infirmier hospitalier

Le CTI Ségur est-il versé aux infirmiers des cliniques privées ?

Non. Le Complément de Traitement Indiciaire issu du Ségur est une mesure propre aux agents de la Fonction Publique Hospitalière et aux établissements médico-sociaux publics. Les cliniques privées ont fait l'objet de négociations conventionnelles séparées aboutissant à des hausses salariales distinctes, sans alignement automatique sur la grille publique.

À quel échelon est recruté un infirmier ayant déjà travaillé dans le secteur privé ?

Les services effectifs accomplis dans le secteur privé en qualité d'infirmier diplômé d'État peuvent être repris pour une fraction de leur durée lors du classement initial, selon les règles fixées par le Décret n° 2012-1420. En pratique, la reprise est partielle et rarement intégrale : un infirmier justifiant de cinq ans d'expérience privée peut espérer être classé entre l'échelon 2 et l'échelon 4, selon les services reconnus par l'établissement recruteur.

La valeur du point d'indice va-t-elle évoluer en 2026 ?

Aucune revalorisation de la valeur du point n'a été annoncée pour 2026 au moment de la rédaction de cet article. La valeur reste fixée à 4,92 € bruts mensuels depuis le 1er juillet 2023. Toute modification fait l'objet d'un arrêté publié au Journal Officiel et impacte mécaniquement l'ensemble des traitements indiciaires de la fonction publique.

Le passage en catégorie A modifie-t-il l'âge de départ à la retraite ?

Oui. Le reclassement en catégorie A a mis fin au régime de départ anticipé dont bénéficiaient les infirmiers relevant de la catégorie active. Les infirmiers recrutés après le 1er janvier 2012 relèvent de la catégorie sédentaire et sont soumis aux mêmes conditions d'âge que les autres fonctionnaires de catégorie A. Les agents recrutés avant cette date ont conservé leurs droits acquis dans la catégorie active sous conditions.

La fiche métier infirmier correspond-elle à un seul corps ou à plusieurs spécialités ?

Le corps des ISGS recouvre plusieurs spécialités (puéricultrices, infirmiers de bloc opératoire avant leur passage en corps IBODE, infirmiers anesthésistes avant leur passage en corps IADE). La fiche métier infirmier(ère) sur JobPublic.fr présente les différentes orientations possibles au sein de ce cadre d'emploi.

Ce que la grille 2026 dit de l'attractivité infirmière

La grille indiciaire infirmier hospitalier en 2026 est objectivement meilleure qu'en 2019 : le Ségur et la NES ont produit des effets tangibles, particulièrement en début de carrière. Un infirmier débutant perçoit désormais un traitement global proche de 2 800 € bruts mensuels (traitement indiciaire + CTI + NBI moyenne), ce qui le place au-dessus du SMIC et dans la fourchette basse des cadres A de la fonction publique. Mais cette amélioration se heurte à deux réalités structurelles : la part non cotisable du CTI pèse sur les droits à la retraite, et le sommet de grille à l'échelon 11 reste atteint sans perspective indiciaire au-delà, incitant les profils expérimentés à quitter l'hôpital public ou à se spécialiser.

Pour les employeurs publics hospitaliers, la connaissance précise de cette grille est un outil d'attractivité à part entière : savoir reconstituer et expliquer la rémunération globale d'un poste — traitement + CTI + primes de sujétion + NBI — permet de répondre aux objections des candidats issus du privé. Pour les infirmiers en recherche de mobilité ou de premier poste, emploi public recense l'ensemble des offres en FPH et en établissements médico-sociaux publics.

Références : Décret n° 2021-1256 du 29 septembre 2021 relatif à la Nouvelle Échelle des Soignants (NOR : SSAH2122667D), publié au Journal Officiel du 30 septembre 2021 · Arrêté du 27 juin 2023 fixant la valeur du point d'indice de la fonction publique (NOR : TFPF2318139A), Journal Officiel du 28 juin 2023 · DGAFP, « Rapport annuel sur l'état de la fonction publique », édition 2024 · Décret n° 2012-1420 du 18 décembre 2012 portant statut particulier du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés de la fonction publique hospitalière.

Articles au top

Pourquoi travailler dans le service public en 2026 ?

Le service public français emploie 5,7 millions d'agents (DGAFP, 2024), répartis entre la fonction publique de l'État, la fonction publique ...

26 juillet 2026

Devenir fonctionnaire sans concours : 4 voies légales

Le concours reste la voie reine d'accès à la fonction publique française : environ 90 000 lauréats sont recrutés chaque ...

26 juillet 2026

Acheteur public : définition, rôle et débouchés

Acheteur public : un métier en tension que peu de candidats connaissent La commande publique représente environ 130 milliards d'euros ...

26 juillet 2026

Être fonctionnaire, c'est quoi vraiment ? Au-delà des clichés

La France compte 5,7 millions d'agents publics, soit environ un emploi sur cinq (DGAFP, Rapport annuel sur l'état de la ...

25 juillet 2026

Centre de gestion FPT : rôle, missions et limites

La France compte 74 centres de gestion de la fonction publique territoriale (CDG), répartis sur l'ensemble du territoire métropolitain et ...

25 juillet 2026

Fonction publique territoriale en 2026 : une voie d'avenir ?

Avec 1,9 million d'agents employés par quelque 50 000 employeurs publics locaux (DGAFP, 2024), la fonction publique territoriale (FPT) constitue ...

25 juillet 2026

Bon manager dans la fonction publique : définition et profil

Selon le baromètre Fonction publique 2023 publié par la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), 42 ...

24 juillet 2026

Pourquoi travailler dans la FPT ? Raisons valables et idées reçues

La fonction publique territoriale (FPT) emploie près de 1,9 million d'agents titulaires et contractuels en France (DGAFP, 2023), répartis dans ...

24 juillet 2026

Pourquoi choisir la fonction publique hospitalière ?

Avec plus de 1,2 million d'agents (DGAFP, 2023), la fonction publique hospitalière (FPH) constitue le deuxième versant de la fonction ...

24 juillet 2026

Travailler dans la fonction publique depuis le privé

La fonction publique française emploie 5,7 millions d'agents (DGAFP, 2023), soit près d'un cinquième de la population active du pays. ...

23 juillet 2026

Calendrier des paies fonctionnaires 2026 : dates de versement

Le traitement des agents publics n'est pas versé à date fixe unique : selon la filière — État, territoriale ou ...

23 juillet 2026