Offres d'emploi : Devenir gendarme : concours, salaire et carrière
Le gendarme est un militaire de la Gendarmerie nationale, placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, chargé des missions de sécurité publique, de police judiciaire et de défense sur l'ensemble du territoire, notamment en zones rurales et périurbaines. La Gendarmerie nationale compte environ 100 000 militaires d'active, auxquels s'ajoutent près de 30 000 réservistes, faisant de cette institution l'un des plus grands corps armés français. Les sous-officiers constituent le cœur du recrutement, accessibles par concours dès le baccalauréat.
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- Versant : Fonction publique de l'État (FPE) — corps militaire
- Catégorie : B (sous-officiers) / A (officiers)
- Filière : Sécurité — Gendarmerie nationale
- Niveau requis : Baccalauréat (sous-officier) — Bac+5 ou formation interne (officier)
- Salaire débutant : environ 1 780 € brut/mois (gendarme adjoint volontaire) à 2 100 € brut/mois (sous-officier sortie d'école), hors primes
Sommaire
- Définition et contexte : qu'est-ce qu'un gendarme ?
- Missions et quotidien du gendarme
- Devenir gendarme : accès, concours et formation
- Salaire gendarme et grille indiciaire
- Évolution de carrière dans la gendarmerie
- Marché de l'emploi et recrutement en gendarmerie
- Questions fréquentes sur le métier de gendarme
- Ce qu'il faut retenir pour devenir gendarme
Définition et contexte : qu'est-ce qu'un gendarme ?
Définition synthétique — Le gendarme est un militaire de carrière appartenant à la Gendarmerie nationale, corps armé régi par le code de la défense et placé sous l'autorité du ministère de l'Intérieur pour ses missions de sécurité intérieure. Il assure la sécurité des personnes et des biens, exerce la police judiciaire sous l'autorité du procureur de la République et participe à des missions de défense nationale. À la différence du policier national, le gendarme est soumis au statut militaire : il est logé en caserne, astreint à une disponibilité permanente et soumis à l'obligation de résidence.
Chiffres clés
- 100 000 militaires d'active — effectifs de la Gendarmerie nationale en 2023 — source : ministère de l'Intérieur, rapport annuel 2023
- 29 800 réservistes opérationnels — réserve de la Gendarmerie nationale — source : Gendarmerie nationale, 2023
- 3 500 brigades territoriales — couvrant 95 % du territoire national (zones rurales et périurbaines) — source : Gendarmerie nationale, 2023
- ~4 000 recrutements annuels — sous-officiers et gendarmes adjoints volontaires confondus — source : DGGN, 2022-2023
Missions et quotidien du gendarme
Au quotidien
Une journée de brigade territoriale commence généralement par une prise de service avec lecture des consignes et des faits de la nuit. Le gendarme enchaîne interventions sur réquisition (accidents de la route, violences intrafamiliales, différends de voisinage), patrouilles préventives sur la zone de compétence, et travail de procédure — rédaction de procès-verbaux, auditions, transmission au parquet. Les gardes de nuit et les astreintes week-end font partie intégrante du rythme, avec des cycles pouvant atteindre 24 heures de service consécutives lors des permanences.
Missions principales
- Maintien de l'ordre public et sécurité des populations en zone de compétence gendarmerie
- Police judiciaire : constatation des infractions, enquêtes sous la direction du procureur ou du juge d'instruction
- Police administrative : contrôles routiers, surveillance des frontières, délivrance d'actes officiels
- Secours et assistance aux personnes en danger (recherche de personnes disparues, accidents graves)
- Renseignement territorial et surveillance des phénomènes de délinquance
- Missions de défense nationale et participation aux opérations extérieures (OPEX)
- Encadrement des réservistes et des gendarmes adjoints volontaires (GAV)
- Prévention et médiation auprès des populations locales
Conditions d'exercice
- Horaires : travail en cycle continu, gardes de nuit, week-ends et jours fériés — disponibilité permanente liée au statut militaire
- Logement : obligation de résider en caserne ou à proximité immédiate pour les militaires en poste (logement concédé ou loué via la gendarmerie)
- Terrain : interventions extérieures fréquentes, patrouilles motorisées ou à pied, travail par tous temps
- Contraintes physiques : port d'un équipement lourd (gilet pare-balles, armement), aptitude physique maintenue tout au long de la carrière
- Mobilité géographique : mutations régulières — les affectations sont décidées par l'institution, pas par le militaire
- Risques professionnels : exposition à la violence, charge psychologique liée aux interventions sensibles (homicides, suicides, accidents graves)
Devenir gendarme : accès, concours et formation
L'accès au corps des sous-officiers de gendarmerie — grade de départ pour la quasi-totalité des candidats civils souhaitant devenir gendarme — nécessite le baccalauréat ou un titre de niveau IV reconnu par l'État. Le recrutement s'effectue principalement par concours externe, mais il existe également la voie des gendarmes adjoints volontaires (GAV) permettant une intégration progressive, ainsi qu'une voie réserviste pour les candidats souhaitant devenir gendarme réserviste.
Concours externe sous-officier de gendarmerie
- Conditions : être de nationalité française, avoir entre 18 et 36 ans au 1er janvier de l'année du concours, titulaire du baccalauréat, apte médicalement et physiquement, de bonne moralité (casier judiciaire vierge)
- Épreuves écrites d'admissibilité : composition sur un sujet d'ordre général (3h), questionnaire de culture générale (1h30), tests psychotechniques
- Épreuves orales et physiques d'admission : entretien avec le jury (30 min), épreuves sportives (course à pied 1 000 m, tractions, gainage), visite médicale approfondie
- Calendrier type : ouverture des inscriptions en octobre-novembre, écrits en janvier-février, oraux et admissions en mars-mai, entrée en école en septembre
Concours interne et troisième voie
- Concours interne : réservé aux GAV justifiant d'au moins 4 ans de service actif — dispense de certaines épreuves écrites
- Voie GAV (gendarme adjoint volontaire) : recrutement sans concours initial sur dossier et tests, contrat de 1 à 6 ans renouvelable, permettant de préparer le concours interne depuis la caserne
- Réserve opérationnelle : engagement sous contrat d'engagement à servir dans la réserve (ESR), ouvert aux civils dès 17 ans — voie privilégiée pour devenir gendarme réserviste sans intégrer l'active
Formation initiale
- Durée : 12 mois pour les sous-officiers issus du concours externe
- Organismes formateurs : École de gendarmerie de Montluçon (sous-officiers), École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN) à Melun pour les officiers issus du concours direct
- Contenu : droit pénal et procédure pénale, techniques d'intervention, formation au tir, équitation (selon spécialité), stages en unité opérationnelle
- Statut pendant la formation : le candidat est militaire dès l'entrée en école — il perçoit une solde et bénéficie du statut militaire (hébergement, couverture sociale)
Salaire gendarme et grille indiciaire
La rémunération d'un gendarme ne suit pas la valeur du point d'indice de la fonction publique civile (4,92 € au 1er juillet 2023) mais une grille indiciaire militaire spécifique, complétée par des primes substantielles liées aux sujétions du statut militaire. Le salaire gendarme sous-officier intègre systématiquement une indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP), une prime de résidence et, selon l'affectation, diverses indemnités opérationnelles. Les chiffres suivants sont des salaires bruts mensuels hors primes variables.
Grille indiciaire par grade (sous-officiers)
- Gendarme (échelon 1) : IM 297 → environ 1 780 € brut/mois
- Gendarme (échelon 6 — après 7 ans) : IM 380 → environ 2 200 € brut/mois
- Gendarme brigadier (échelon 1) : IM 340 → environ 2 000 € brut/mois
- Maréchal des logis-chef (échelon 1) : IM 430 → environ 2 450 € brut/mois
- Adjudant (échelon 1) : IM 490 → environ 2 750 € brut/mois
- Adjudant-chef (échelon terminal) : IM 620 → environ 3 350 € brut/mois
- Major (grade sommital des SOG) : IM 700 → environ 3 750 € brut/mois
Primes et indemnités spécifiques
- Indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP) : prime forfaitaire mensuelle versée à tous les personnels actifs — représente en moyenne 200 à 400 € brut/mois selon le grade
- Prime de résultat opérationnel : versée annuellement selon les performances de l'unité
- Indemnités pour services en dehors des heures normales (IHSN) : compensation des gardes et astreintes de nuit
- NBI (nouvelle bonification indiciaire) : attribuée aux chefs de brigade et aux fonctions à responsabilité particulière
- Indemnité de logement : versée aux militaires non logés en caserne (complément de charge locative)
- Primes OPEX : indemnités spécifiques lors des opérations extérieures (défiscalisées)
- Retraite : régime des pensions militaires — possibilité de départ à 17 ans de service avec pension proportionnelle, retraite à taux plein dès 27 ans de service
Évolution de carrière dans la gendarmerie
La carrière d'un sous-officier de gendarmerie suit un avancement majoritairement à l'ancienneté dans les premiers grades, puis par examen professionnel ou sélection au choix pour les grades supérieurs. La promotion au grade de major — grade sommital du corps des sous-officiers — est soumise à une sélection rigoureuse et à l'inscription sur un tableau d'avancement annuel.
- Gendarme → Brigadier : après 2 ans minimum, avancement à l'ancienneté ou au choix
- Brigadier → Maréchal des logis : après 3 ans dans le grade, sur examen professionnel
- Maréchal des logis → Maréchal des logis-chef : tableau d'avancement au choix, après 4 ans minimum
- MDC → Adjudant : concours interne ou tableau d'avancement, après 5 ans dans le grade
- Adjudant → Adjudant-chef : tableau d'avancement, sélection sur dossier
- Adjudant-chef → Major : quota strict, sélection nationale — accessible après 20 ans de service environ
- Passerelle vers les officiers : les sous-officiers expérimentés peuvent accéder au corps des officiers par le concours semi-direct (OAOF) après 8 ans de service — formation à l'EOGN de Melun
- Spécialisation : police judiciaire (OPJ/APJ), gendarmerie mobile, GIGN, sécurité routière, cyber-criminalité, montagne, nautique — chaque spécialité ouvre des grilles indiciaires et des primes supplémentaires
- Mobilité inter-versants : une reconversion vers la police nationale (concours interne de gardien de la paix) ou vers la sécurité civile est possible, bien que peu fréquente — les militaires bénéficient d'une valorisation de leur expérience lors des épreuves d'admission
- Reconversion civile : les militaires ayant accompli au moins 4 ans de service bénéficient de droits à reconversion (bilan de compétences, formations financées, accès prioritaire à certains corps civils de catégorie B)
Marché de l'emploi et recrutement en gendarmerie
La Gendarmerie nationale maintient un recrutement structurellement soutenu, avec plusieurs milliers de postes ouverts chaque année entre les concours sous-officiers, les recrutements GAV et les appels à réservistes. La tension est particulièrement forte sur les postes en zone rurale isolée (montagne, outre-mer, zones frontalières), où les candidatures sont moins nombreuses malgré des indemnités spécifiques. Le recrutement de gendarmes réservistes est en forte croissance depuis 2021, avec un objectif gouvernemental d'atteindre 50 000 réservistes à l'horizon 2030.
- Employeur unique : l'État français via la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN) — pas de recrutement décentralisé par les collectivités, contrairement à la policier municipal
- Bassins de recrutement prioritaires : zones rurales (brigades territoriales), outre-mer (Martinique, Guyane, Polynésie), zones frontalières (Alpes, Pyrénées)
- Concurrence et profils recherchés : le niveau du concours écrit est accessible avec un bac général ou professionnel bien préparé — la sélection est plus discriminante sur les épreuves physiques, médicales et l'entretien de personnalité
- Comparaison avec les métiers connexes : les candidats hésitant entre les forces de l'ordre peuvent comparer avec le policier national (statut civil, horaires différents, missions urbaines) ou s'orienter vers le métier de sapeur-pompier pour les profils attirés par le secours à la personne
- Offres disponibles : les postes de contractuels, GAV et réservistes sont régulièrement publiés — consultez les annonces d'emploi public sur JobPublic pour suivre les opportunités de recrutement dans la sécurité publique
Questions fréquentes sur le métier de gendarme
Quel est le salaire d'un gendarme en début de carrière ?
Un gendarme adjoint volontaire (GAV) perçoit environ 1 780 € brut/mois. Un sous-officier sorti d'école après concours externe démarre autour de 2 100 € brut/mois, auxquels s'ajoutent les primes de sujétions (ISSP), l'indemnité de résidence et, selon l'affectation, diverses primes opérationnelles. Le salaire net perçu est généralement inférieur de 20 à 25 % au brut après déduction des cotisations sociales. La rémunération progresse régulièrement avec l'avancement de grade et l'ancienneté.
Faut-il obligatoirement le baccalauréat pour devenir gendarme ?
Pour le concours de sous-officier de gendarmerie, le baccalauréat ou un titre de niveau IV équivalent est exigé. Toutefois, il est possible d'intégrer la gendarmerie sans bac par la voie GAV (gendarme adjoint volontaire), accessible dès le niveau brevet avec conditions de sélection physique et psychologique. Une fois GAV, il est possible de préparer le concours interne après 4 ans de service pour accéder au corps des sous-officiers.
Quelle est la différence entre gendarme et policier national ?
Le gendarme est un militaire soumis au code de la défense : il vit en caserne, est soumis à une disponibilité permanente et peut être affecté sur l'ensemble du territoire selon les besoins de l'institution. Le policier national est un fonctionnaire civil, avec des droits syndicaux plus étendus et un mode de vie hors service plus autonome. Les zones de compétence diffèrent également : la gendarmerie couvre les zones rurales et périurbaines, la police nationale les grandes agglomérations.
Comment devenir gendarme réserviste ?
Pour devenir gendarme réserviste, il faut souscrire un engagement à servir dans la réserve (ESR) auprès d'une unité de gendarmerie. Les conditions sont : nationalité française, âge entre 17 et 40 ans (jusqu'à 60 ans pour les anciens militaires), aptitude physique et morale satisfaisante. La formation initiale dure environ 3 semaines. Le réserviste est convoqué pour des périodes d'activité de quelques jours à plusieurs semaines par an, rémunérées au tarif de la solde correspondant au grade attribué.
Peut-on quitter la gendarmerie avant la retraite ?
Oui, mais avec des contraintes liées au statut militaire. Après la période initiale d'engagement (en général 5 ans pour un sous-officier), le militaire peut demander sa radiation des cadres. Des dispositifs de reconversion sont prévus par l'institution : bilans de compétences, formations financées, accompagnement vers l'emploi civil. Les militaires ayant accompli plus de 4 ans de service bénéficient de droits spécifiques facilitant l'accès à certains corps de la fonction publique civile par voie réservée.
Ce qu'il faut retenir pour devenir gendarme
Devenir gendarme implique d'accepter un statut militaire complet, avec ses contraintes de mobilité, de disponibilité permanente et de vie en caserne, mais aussi ses avantages propres : stabilité de l'emploi, retraite anticipée après 27 ans de service, logement aidé et formation continue prise en charge. Le salaire gendarme sous-officier, si modeste en début de carrière, progresse significativement avec les grades et les primes de sujétions, pour atteindre 3 000 à 4 000 € brut/mois en fin de corps. La voie GAV reste une porte d'entrée efficace pour ceux qui ne réunissent pas encore toutes les conditions du concours externe.
Les candidats souhaitant comparer les options de la sécurité publique gagnent à étudier également le profil du gardien de la paix en police nationale, ou d'explorer les débouchés du métier de sapeur-pompier si la composante secours à la personne les attire davantage que la mission judiciaire.
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Références : ministère de l'Intérieur — Rapport annuel de la Gendarmerie nationale, 2023 · Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN) — Données de recrutement et effectifs, 2022-2023 · Code de la défense, partie statutaire relative aux militaires (articles L4000-1 et suivants) · Décret n° 2008-952 du 12 septembre 2008 portant statut particulier du corps des sous-officiers de gendarmerie · DGAFP — Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, 2023.
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