Calcul retraite fonctionnaire 2026 : formule, décote, surcote — le guide complet
Publié le 10 avril 2026
Le calcul de la retraite des fonctionnaires repose sur une formule précise et codifiée, mais ses paramètres ont été profondément modifiés par la réforme du 14 avril 2023 : l'âge légal relevé à 64 ans, la durée de cotisation portée à 172 trimestres pour le taux plein pour les générations nées à partir de 1965 (loi n° 2023-270), et les mécanismes de décote et surcote ajustés en conséquence. Pour les 5,7 millions d'agents des trois versants (DGAFP, Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, 2023), comprendre ce calcul est indispensable pour préparer son départ à la retraite — et pour les employeurs publics, maîtriser cette formule est la condition pour instruire correctement les dossiers de liquidation et éviter les erreurs qui engagent leur responsabilité.
Comment se calcule concrètement la pension d'un fonctionnaire en 2026 ? Quels paramètres l'agent peut-il optimiser avant son départ pour maximiser sa pension ? Quelles erreurs les employeurs publics commettent-ils le plus souvent lors de la constitution des dossiers de liquidation ? Cet article décrypte l'ensemble de la formule de calcul de la retraite fonctionnaire, des trimestres liquidables au traitement de référence, et propose des leviers pratiques pour les agents comme pour les DRH des trois versants.
Sommaire
La formule de calcul de la retraite fonctionnaire et ses trois variables
Les paramètres qui influencent le calcul de la pension en 2026
Les enjeux du calcul de la retraite pour les employeurs publics
Le cadre réglementaire du calcul de la pension fonctionnaire
Optimiser le calcul de la retraite : leviers pratiques pour agents et employeurs
Questions fréquentes sur le calcul retraite fonctionnaire
1. La formule de calcul de la retraite fonctionnaire et ses trois variables
Le calcul de la retraite fonctionnaire repose sur une formule à trois variables : pension = traitement indiciaire brut de référence × taux de liquidation × (durée des services et bonifications / durée de référence). Ces trois variables sont interdépendantes — le taux de liquidation est lui-même conditionné par la durée des services et l'âge de départ — et chacune peut être influencée par des décisions de gestion de carrière prises bien avant le départ à la retraite. Contrairement au régime général qui calcule la pension sur la moyenne des 25 meilleures années, le régime fonctionnaire retient uniquement le dernier traitement indiciaire brut, ce qui rend les dernières années de carrière déterminantes pour le montant de la pension.
La pension maximale théorique est de 75 % du traitement indiciaire de référence, atteinte lorsque la durée liquidable est égale ou supérieure à la durée de référence et que l'agent a atteint l'âge d'annulation de la décote. Au-delà, une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire peut porter le taux au-delà de 75 %, sans plafond légal. En deçà, une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique dans la limite de 20 trimestres, soit une réduction maximale de 25 % du taux plein — ramenant la pension à 56,25 % du traitement de référence dans le cas le plus défavorable. Pour une présentation complète du régime de retraite fonctionnaire — conditions de départ, catégories actives, cumul emploi-retraite —, voir l'article dédié sur jobpublic.fr.
Définition synthétique — Le calcul retraite fonctionnaire s'effectue selon la formule : pension brute mensuelle = traitement indiciaire brut de référence × taux de liquidation × (trimestres liquidables / durée de référence). Le taux de liquidation est de 75 % au taux plein ; une décote de 1,25 % par trimestre manquant et une surcote de 1,25 % par trimestre excédentaire s'appliquent. La durée de référence est de 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023). La pension est calculée et versée par la CNRACL pour la FPT et la FPH, et par le SRE pour la FPE.
Les trois variables de la formule en détail
Traitement indiciaire de référence : dernier traitement indiciaire brut détenu depuis au moins six mois avant la cessation de fonctions, hors primes et indemnités ; si l'agent n'a pas détenu son dernier indice depuis six mois, c'est l'indice précédent qui s'applique.
Taux de liquidation : plafonné à 75 % au taux plein ; réduit par la décote si la durée liquidable est insuffisante ou si l'agent part avant l'âge d'annulation ; majoré par la surcote si l'agent continue à cotiser au-delà du taux plein après l'âge légal.
Durée des services et bonifications : somme des trimestres de services effectifs dans la fonction publique, des services militaires, des périodes validées comme contractuel avant titularisation et des bonifications accordées (enfants, services actifs, campagnes) ; divisée par la durée de référence pour calculer le coefficient de proratisation.
2. Les paramètres qui influencent le calcul de la pension en 2026
Le montant de la pension d'un fonctionnaire en 2026 dépend de six paramètres principaux, dont certains sont fixés réglementairement et d'autres peuvent être influencés par l'agent ou par l'employeur. Les maîtriser permet d'anticiper le montant de pension à différentes dates de départ et d'identifier les leviers d'optimisation disponibles avant la liquidation.
Les paramètres fixés par la réglementation
Âge légal de départ : 64 ans pour les fonctionnaires nés à partir de 1968 (loi n° 2023-270) ; pour les catégories actives, un âge abaissé de 2 à 5 ans selon le corps ; l'âge d'annulation de la décote (67 ans) permet à tout fonctionnaire de liquider au taux plein indépendamment de sa durée cotisée.
Durée de référence pour le taux plein : 172 trimestres (43 ans) pour les générations nées à partir de 1965 ; les générations antérieures bénéficient d'une durée légèrement inférieure selon le calendrier progressif de la réforme de 2023.
Taux de décote et surcote : 1,25 % par trimestre manquant ou excédentaire, plafonné à 20 trimestres pour la décote (soit −25 % maximum) et sans plafond légal pour la surcote.
Les paramètres influençables par l'agent
Traitement indiciaire de référence : l'agent peut optimiser ce paramètre en cherchant à obtenir un avancement de grade ou une promotion interne dans les deux à trois ans précédant son départ, à condition de détenir le nouvel indice depuis au moins six mois avant la date de cessation de fonctions.
Rachat de trimestres : les agents dont la durée de services est insuffisante pour atteindre le taux plein peuvent racheter des trimestres d'études supérieures dans la limite de 12 trimestres ; le coût du rachat dépend de l'âge au moment de la demande et du traitement indiciaire — plus le rachat est tardif, plus il est coûteux.
Date de départ choisie : partir un trimestre plus tard peut permettre de valider un trimestre supplémentaire et d'éliminer une décote ou d'acquérir une surcote — le calcul du gain net en pension mensuelle sur l'espérance de vie restante doit être comparé au coût de travailler ce trimestre supplémentaire.
Les bonifications et validations qui augmentent la durée liquidable
Bonification pour enfants : les fonctionnaires ayant eu au moins trois enfants et interrompu leur activité à cette occasion peuvent bénéficier d'une bonification de durée ; ses conditions précises ont été modifiées par la réforme de 2023 et doivent être vérifiées individuellement auprès de la CNRACL ou du SRE.
Services militaires : les périodes de service national ou de service militaire obligatoire sont validables comme trimestres de cotisation dans la limite fixée par le statut particulier du corps.
Services non titulaires antérieurs à la titularisation : les périodes d'emploi contractuel dans la fonction publique avant titularisation peuvent être validées comme services effectifs, sous condition de versement d'une cotisation rétroactive calculée sur le traitement actuel.
Chiffres clés
75 % — taux de liquidation maximal de la pension fonctionnaire, atteint au taux plein sans surcote, plafonné à ce niveau hors surcote — source : CGFP, art. L741-1
172 trimestres — durée de cotisation requise pour le taux plein pour les générations nées à partir de 1965, soit 43 années de services — source : loi n° 2023-270 du 14 avril 2023, art. 10
1,25 % — taux de décote et de surcote par trimestre manquant ou excédentaire, appliqué sur le taux de liquidation — source : CGFP, art. L741-3 et L741-4
6 mois — durée minimale pendant laquelle l'agent doit avoir détenu son dernier indice majoré avant la cessation de fonctions pour que cet indice serve de traitement de référence — source : décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003, art. 15
3. Les enjeux du calcul de la retraite pour les employeurs publics
Le calcul retraite fonctionnaire est un enjeu de gestion RH aussi bien qu'une obligation réglementaire pour les employeurs publics. En 2026, avec 800 000 départs à la retraite attendus d'ici 2030 (DGAFP, 2023), les services RH-paie vont traiter un volume croissant de dossiers de liquidation — et chaque erreur dans la constitution de ces dossiers a des conséquences directes sur le montant de pension de l'agent et sur la responsabilité de l'employeur.
Exactitude du traitement de référence : transmettre un indice majoré erroné à la CNRACL ou au SRE — indice non détenu depuis six mois, NBI omise, indice de temps partiel au lieu du temps plein — fausse le calcul de la pension et expose l'employeur à une demande de régularisation rétroactive potentiellement sur plusieurs exercices.
Complétude de la durée liquidable : omettre des périodes de services validables (services militaires, périodes contractuelles antérieures, validation de services non titulaires) réduit artificiellement la durée liquidable de l'agent, avec des conséquences directes sur son taux de liquidation et donc sur sa pension mensuelle.
Anticipation des départs pour éviter les décotes subies : un agent qui part à la retraite sans avoir été informé de l'impact d'une décote sur sa pension — faute d'un entretien de préparation au départ — peut se retrouver avec une pension significativement inférieure à ce qu'il anticipait, générant des tensions avec l'employeur.
Délai de transmission des dossiers : un dossier de liquidation transmis moins de six mois avant le départ peut retarder la mise en paiement de la pension, privant l'agent de revenus pendant plusieurs semaines et engageant la responsabilité de l'employeur pour le préjudice subi.
4. Le cadre réglementaire du calcul de la pension fonctionnaire
Le cadre réglementaire du calcul retraite fonctionnaire repose sur quatre textes qui définissent la formule de calcul, les conditions de liquidation, les modalités d'instruction des dossiers et les règles propres à chaque versant. La réforme de 2023 a modifié plusieurs paramètres sans remettre en cause l'architecture générale du régime, ce qui impose aux DRH une double maîtrise des règles anciennes et nouvelles selon la génération de l'agent.
CGFP, articles L731-1 à L761-1 : constituent le socle législatif du régime de retraite des fonctionnaires des trois versants ; définissent la formule de calcul (traitement de référence, taux de liquidation, durée de services), les mécanismes de décote et surcote (art. L741-3 et L741-4), les règles de bonification et les conditions du minimum garanti ; ces articles ont été modifiés par la loi de 2023 pour intégrer les nouveaux paramètres d'âge et de durée.
Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme des retraites, articles 10 à 14 : relève l'âge légal à 64 ans selon un calendrier progressif par génération, porte la durée de référence à 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965, modifie les conditions d'accès aux départs anticipés (carrières longues, catégorie active) et maintient l'âge d'annulation de la décote à 67 ans ; son application impose de vérifier pour chaque agent les paramètres applicables à sa génération.
Décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la CNRACL : précise pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers les modalités pratiques de calcul (règle des six mois pour le traitement de référence, conditions de validation des services non titulaires, règles de reclassement lors d'un détachement), les pièces justificatives du dossier et les délais d'instruction ; son respect conditionne la régularité et la rapidité de la liquidation par la CNRACL.
Code des pensions civiles et militaires de retraite (CPCMR), articles L11 à L25 : équivalent du décret 2003-1306 pour les fonctionnaires d'État relevant du SRE ; fixe les mêmes règles de calcul avec quelques spécificités propres à la FPE (notamment pour les bonifications liées aux services actifs militaires et aux fonctions à l'étranger).
Point de vigilance : la règle des six mois pour le traitement de référence est la source la plus fréquente d'erreurs dans les dossiers de liquidation. Si un agent obtient un avancement de grade ou une promotion interne moins de six mois avant son départ à la retraite, son nouveau et plus favorable indice majoré ne peut pas servir de traitement de référence — c'est l'indice précédent qui est retenu. L'employeur doit vérifier systématiquement la date d'effet de la dernière évolution indiciaire de l'agent et en informer l'agent lors de l'entretien de préparation au départ, pour lui permettre d'ajuster sa date de départ si nécessaire.
5. Optimiser le calcul de la retraite : leviers pratiques pour agents et employeurs
5.1 Simuler la pension à plusieurs dates de départ pour choisir le moment optimal
Simuler le calcul retraite fonctionnaire à plusieurs dates de départ est le premier levier d'optimisation pour tout agent approchant de la retraite. La CNRACL et le SRE mettent à disposition des simulateurs en ligne permettant d'estimer la pension prévisionnelle à différentes dates, en intégrant les trimestres déjà validés, les bonifications et les paramètres de la réforme de 2023. Pour l'employeur, proposer systématiquement cet exercice lors des entretiens de préparation au départ réduit les surprises et les tensions post-liquidation.
Encourager tout agent ayant plus de 58 ans à demander sa situation individuelle de retraite (SIR) auprès de la CNRACL ou du SRE, document récapitulant l'ensemble des droits acquis et permettant une simulation fiable.
Comparer pour chaque agent le gain de pension mensuelle obtenu en différant le départ d'un ou deux trimestres avec le coût de continuer à travailler — ce calcul fait souvent apparaître que quelques mois supplémentaires suffisent pour éliminer une décote significative.
Intégrer la simulation de pension dans l'entretien de préparation au départ proposé à tout agent dès 58 ans, en faisant appel si nécessaire à l'expertise de la CNRACL ou du SRE pour les situations complexes.
5.2 Optimiser le traitement de référence dans les dernières années de carrière
Optimiser le traitement indiciaire de référence avant le départ à la retraite est le levier à plus fort impact sur le montant de pension : une augmentation d'un seul indice majoré de 10 points représente une hausse de pension brute mensuelle de 49,23 € à vie (10 × 4,92278 € × 75 % au taux plein). Pour que cette optimisation soit effective, l'avancement de grade ou la promotion interne doit être obtenu et l'indice détenu depuis au moins six mois avant la date de cessation de fonctions — condition souvent ignorée des agents.
Identifier dans la cartographie des départs prévisionnels les agents dont le tableau d'avancement de grade intervient dans les 18 mois précédant leur départ estimé, et prioriser leur inscription pour garantir le respect de la règle des six mois.
Informer explicitement les agents en fin de carrière de la règle des six mois lors des entretiens professionnels, en leur indiquant l'impact concret d'un avancement trop tardif sur le montant de leur pension.
5.3 Sécuriser la complétude des services validables dans le dossier de liquidation
Sécuriser la complétude des services validables repose sur trois vérifications systématiques : recenser les périodes de services contractuels antérieures à la titularisation, identifier les périodes de service militaire éventuelles et vérifier que les validations de services non titulaires déjà demandées ont bien été enregistrées par la CNRACL ou le SRE. Chaque trimestre omis réduit le coefficient de proratisation et peut réduire le taux de liquidation en dessous du taux plein, avec un impact définitif sur la pension mensuelle.
Demander à tout agent approchant de la retraite de fournir un récapitulatif complet de sa carrière avant titularisation — contrats, services militaires, périodes de disponibilité — pour identifier les périodes potentiellement validables non encore intégrées au dossier CNRACL.
Vérifier la situation individuelle de retraite (SIR) au moins 18 mois avant le départ estimé pour disposer du temps nécessaire à la régularisation des éventuelles anomalies de carrière.
5.4 Transmettre le dossier de liquidation dans les délais pour garantir la continuité des revenus
Transmettre le dossier de liquidation à la CNRACL ou au SRE au moins six mois avant la date de départ est l'obligation la plus simple à respecter et la plus souvent négligée dans les petites collectivités et les établissements de taille modeste. Un dossier transmis tardivement retarde la mise en paiement de la pension de plusieurs semaines, privant l'agent de revenus et engageant la responsabilité de l'employeur. Selon le FNCDG (Observatoire des emplois territoriaux, rapport 2022), les dossiers tardifs représentent encore une proportion significative des liquidations dans la FPT, concentrée dans les collectivités de moins de 50 agents.
Paramétrer une alerte automatique dans le SIRH à 12 mois du départ estimé de tout agent identifié dans la cartographie prévisionnelle, pour déclencher la constitution du dossier sans attendre la demande formelle de l'agent.
Établir une liste de contrôle des pièces justificatives du dossier de liquidation CNRACL/SRE, actualisée à chaque modification réglementaire, et la tenir à disposition de tout gestionnaire paie amené à instruire un premier dossier.
En cas de doute sur une règle de calcul spécifique (rachat de trimestres, validation de services, bonification), solliciter directement la CNRACL ou le SRE avant de constituer le dossier — ces organismes disposent de services de conseil aux employeurs.
6. Questions fréquentes sur le calcul retraite fonctionnaire
Qu'est-ce que le traitement de référence et pourquoi les six derniers mois sont-ils déterminants ?
Le traitement de référence est le dernier traitement indiciaire brut détenu par le fonctionnaire depuis au moins six mois avant la cessation de fonctions — hors primes et régime indemnitaire. Ce seuil de six mois est déterminant parce qu'il conditionne quel indice majoré sert de base au calcul de la pension : si l'agent a bénéficié d'un avancement de grade deux mois avant son départ, c'est son ancien indice (moins élevé) qui est retenu. Cette règle, fixée par le décret n° 2003-1306 pour la CNRACL et par le CPCMR pour la FPE, pousse les agents à anticiper leur dernier avancement indiciaire au moins six mois avant leur date de départ effective.
Comment calculer l'impact d'une décote sur la pension d'un fonctionnaire ?
La décote réduit le taux de liquidation de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Pour calculer son impact : identifier le nombre de trimestres manquants par rapport à la durée de référence (172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965) ou par rapport à l'âge d'annulation (67 ans) ; multiplier ce nombre par 1,25 % pour obtenir la réduction du taux de liquidation ; appliquer le taux réduit à la formule de calcul. Exemple : un agent manquant de 8 trimestres voit son taux de liquidation réduit de 10 % (8 × 1,25 %), passant de 75 % à 65 % — soit une pension réduite de 13,3 % par rapport au taux plein.
Quelles sont les bonifications qui augmentent la durée liquidable dans le calcul retraite fonctionnaire ?
Les principales bonifications qui augmentent la durée liquidable sont : la bonification pour enfants (sous conditions précisées par la réforme de 2023 et vérifiables auprès de la CNRACL), les bonifications pour services actifs dans les corps de catégorie active (jusqu'à un cinquième du temps de service actif), les campagnes militaires pour les fonctionnaires anciens combattants, et la validation des services militaires obligatoires. Ces bonifications s'ajoutent aux trimestres de services effectifs pour calculer la durée totale liquidable, sans toutefois dépasser certains plafonds fixés par les textes statutaires.
Quelle est la différence de calcul entre la pension CNRACL et la pension du régime des pensions civiles (SRE) ?
La formule de calcul est identique dans les deux régimes — traitement de référence × taux de liquidation × (durée liquidable / durée de référence) — mais les paramètres applicables à certaines situations diffèrent. La CNRACL gère les pensions des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers ; le SRE gère celles des fonctionnaires d'État. Les principales différences pratiques portent sur les bonifications spécifiques à chaque versant (services à l'étranger pour la FPE, certaines primes de la FPH intégrées dans l'assiette CNRACL), les règles de validation des services non titulaires et les modalités d'instruction des dossiers. Le montant de la pension finale est similaire pour des carrières équivalentes.
Pourquoi un fonctionnaire a-t-il intérêt à simuler son calcul retraite plusieurs années avant son départ ?
Simuler le calcul retraite fonctionnaire plusieurs années avant le départ présente trois avantages décisifs. D'abord, cela permet d'identifier un déficit de trimestres à temps pour le combler — par le rachat de trimestres d'études (moins coûteux avant 60 ans), la validation de services contractuels antérieurs ou le simple report du départ d'un ou deux trimestres. Ensuite, cela permet d'optimiser le traitement de référence en planifiant un avancement de grade suffisamment tôt pour respecter la règle des six mois. Enfin, cela évite les mauvaises surprises à la liquidation — un agent qui découvre une décote importante le mois de son départ n'a plus de marge d'action pour l'éviter.
Conclusion
Le calcul de la retraite fonctionnaire est une formule simple dans sa structure — traitement de référence × taux de liquidation × coefficient de proratisation — mais complexe dans son application, en raison de la multiplicité des paramètres influençables et des règles spécifiques à chaque versant. En 2026, les modifications introduites par la réforme de 2023 ajoutent une couche de complexité supplémentaire pour les agents nés entre 1955 et 1968, dont les paramètres de départ sont en transition progressive. Maîtriser cette formule n'est pas seulement une compétence de gestionnaire paie : c'est un outil de conseil RH que chaque DRH et chaque responsable de service peut mobiliser pour accompagner ses agents vers un départ préparé et optimisé.
Les employeurs qui investissent dans la pédagogie du calcul de retraite — simulations prévisionnelles, entretiens de préparation au départ, information sur la règle des six mois — sont ceux qui réduisent les contentieux post-liquidation, préservent la relation de confiance avec les agents sortants et assurent la continuité du service grâce à des départs planifiés plutôt que subis.
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Références : DGAFP — Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, édition 2023 · FNCDG — Observatoire des emplois territoriaux, rapport 2022 · Code général de la fonction publique (CGFP), articles L731-1 à L761-1, en vigueur depuis le 1er mars 2022, modifiés par la loi n° 2023-270 · Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme du système de retraites, articles 10 à 14 · Décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la CNRACL · Code des pensions civiles et militaires de retraite (CPCMR), articles L11 à L25 · CNRACL — Guides et simulateurs de pension, 2025 · Jobpublic — Benchmark attractivité employeurs publics, 2023 (données internes, disponibles sur demande).
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