Concours catégorie A 2026 : conditions bac+3, épreuves et recrutement des cadres
Publié le 10 avril 2026
La catégorie A constitue le niveau le plus qualifié de la fonction publique : ses corps et cadres d'emplois regroupent les agents de conception, d'expertise et d'encadrement supérieur qui représentent environ 36 % des effectifs de la FPE (DGAFP, Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, 2023) et dont le recrutement par concours est parmi les plus sélectifs du secteur public — avec un taux de réussite moyen d'un candidat sur huit pour les concours de catégorie A de la FPE. Dans la FPT et la FPH, les concours de catégorie A couvrent des cadres d'emplois stratégiques — attachés territoriaux, ingénieurs, administrateurs — dont la vacance prolongée fragilise directement la capacité des collectivités et établissements à conduire leurs projets.
Quelles sont les conditions précises pour se présenter à un concours de catégorie A dans la fonction publique en 2026 et comment les épreuves se distinguent-elles selon le versant ? Comment les employeurs publics peuvent-ils attirer les lauréats de catégorie A face à la concurrence du secteur privé et des autres administrations ? Quelles spécificités organisationnelles et juridiques distinguent les concours de catégorie A des catégories inférieures ? Cet article décrypte l'ensemble du dispositif, des conditions d'accès aux bonnes pratiques RH pour les trois versants.
Sommaire
Définition et spécificités du concours de catégorie A dans la fonction publique
Les voies d'accès et épreuves des concours de catégorie A en 2026
Les enjeux du recrutement en catégorie A pour les employeurs publics
Le cadre réglementaire du recrutement en catégorie A dans la fonction publique
Optimiser le recrutement en catégorie A : bonnes pratiques pour les employeurs
Questions fréquentes sur le concours fonction publique catégorie A
1. Définition et spécificités du concours de catégorie A dans la fonction publique
Le concours de catégorie A est la procédure de sélection permettant d'accéder aux corps et cadres d'emplois de conception, d'expertise et d'encadrement supérieur de la fonction publique — les emplois qui requièrent un niveau de qualification bac +3 minimum et qui confèrent des responsabilités de pilotage de politiques publiques, d'encadrement d'équipes pluridisciplinaires ou d'expertise technique de haut niveau. La catégorie A se distingue des catégories inférieures par la complexité et le niveau intellectuel des épreuves, la durée des préparations nécessaires et la concurrence des débouchés offerts par le secteur privé aux mêmes profils diplômés.
Dans la FPT, les concours de catégorie A donnent accès à des cadres d'emplois comme les attachés territoriaux (gestion administrative et financière, pilotage de projets), les ingénieurs territoriaux (maîtrise d'ouvrage, systèmes d'information, développement durable) ou les conseillers socio-éducatifs. Dans la FPE, ils donnent accès aux corps des instituts régionaux d'administration (IRA), aux corps des ministères et aux grandes écoles de service public (ENA devenue INSP, ENM, IGPDE…). Dans la FPH, ils couvrent les corps de direction (directeurs d'hôpital, directeurs des soins, pharmaciens) gérés par le Centre national de gestion (CNG). Cette diversité impose aux employeurs une connaissance fine des circuits d'organisation selon le versant concerné.
Définition synthétique — Le concours fonction publique catégorie A est une procédure de recrutement réglementée par le CGFP (articles L320-1 et suivants) et, pour la FPT, par la loi n° 84-53 (articles 36 à 44), donnant accès aux corps et cadres d'emplois de conception nécessitant un niveau bac +3 minimum. Il comprend le concours externe (ouvert aux titulaires d'une licence ou d'un diplôme équivalent), le concours interne (réservé aux agents en poste justifiant d'une durée minimale de services) et le troisième concours. Les concours de catégorie A+ (administrateurs territoriaux, ingénieurs en chef) sont organisés par le CNFPT ; les autres par les CDG ou les ministères selon le versant.
Les principales filières et corps de catégorie A dans les trois versants
FPT — filière administrative : attachés territoriaux (accès par concours externe, interne et troisième concours organisé par les CDG) et administrateurs territoriaux (concours organisé par le CNFPT, formation à l'INET de Strasbourg) — corps de référence du pilotage administratif et financier des collectivités.
FPT — filière technique : ingénieurs territoriaux (bac +5 requis pour le concours externe) et ingénieurs en chef territoriaux (A+, concours CNFPT) — corps en forte tension de recrutement dans les spécialités numériques, BTP et environnement.
FPE — corps interministériels : attachés d'administration de l'État recrutés via les IRA (instituts régionaux d'administration), corps très concurrentiel avec des milliers de candidats pour quelques centaines de postes annuels.
FPH — corps de direction : directeurs d'hôpital, directeurs des soins, directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux (D3S), recrutés par concours organisés par le CNG avec formation à l'EHESP de Rennes.
2. Les voies d'accès et épreuves des concours de catégorie A en 2026
Les trois voies d'accès aux emplois de catégorie A en 2026 sont le concours externe, le concours interne et le troisième concours — sans aucune possibilité de recrutement sans concours, contrairement à la catégorie C. Les épreuves sont substantiellement plus exigeantes que dans les catégories inférieures, tant sur le fond (niveau analytique et rédactionnel élevé) que sur la forme (durées plus longues, coefficients plus élevés, culture générale et droit public approfondis).
Le concours externe de catégorie A
Condition de diplôme : licence (niveau 6, bac +3) pour la plupart des cadres d'emplois de catégorie A ; master (bac +5) pour les ingénieurs territoriaux, certains corps de la FPE et les concours de direction de la FPH ; les titres équivalents reconnus par le statut particulier sont également acceptés.
Épreuves d'admissibilité : généralement deux à trois épreuves écrites — note de synthèse (3 à 5 heures), rapport avec propositions ou étude de cas, et selon le concours, une épreuve de culture générale ou de droit public ; niveau équivalent aux épreuves de grandes écoles administratives.
Épreuves d'admission : entretien approfondi avec le jury (30 à 45 minutes) portant sur le parcours, les motivations, la connaissance de l'environnement territorial ou administratif et les capacités de management ; épreuves facultatives de langues vivantes fréquentes en catégorie A.
Préparation nécessaire : les candidats sérieux consacrent 6 à 18 mois de préparation intensive aux concours de catégorie A, via des IEP, des IPAG ou des classes prépa intégrées ; les employeurs qui soutiennent cette préparation pour leurs agents en poste renforcent leur vivier interne.
Le concours interne de catégorie A
Conditions d'accès : être fonctionnaire ou agent non titulaire justifiant d'une durée minimale de services (généralement 4 ans pour la catégorie A territoriale) ; ouvert aux agents de catégorie B souhaitant évoluer vers la catégorie A, sans condition de diplôme supplémentaire — voie de promotion sociale importante dans la fonction publique.
RAEP spécifique catégorie A : le dossier de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle est particulièrement déterminant en catégorie A ; il doit démontrer une capacité à conceptualiser, analyser et piloter, pas seulement à exécuter — niveau d'exigence supérieur à la RAEP de catégorie B.
Enjeu stratégique pour les employeurs : soutenir les agents de catégorie B dans leur préparation au concours interne de catégorie A est le levier de promotion interne le plus valorisant pour les collectivités qui veulent fidéliser leurs meilleurs éléments tout en renforçant leur encadrement intermédiaire.
Les concours de catégorie A+ et les grandes voies d'accès spécifiques
Administrateurs territoriaux : concours organisé par le CNFPT, formation de 18 mois à l'INET de Strasbourg ; accès au corps le plus prestigious de la FPT, avec débouchés sur les postes de DGS et DGA des grandes collectivités.
Corps de l'État à recrutement centralisé : corps recrutés par concours nationaux (IRA pour les attachés d'État, ENM pour la magistrature, INSP pour la haute fonction publique) ; les employeurs publics n'organisent pas ces concours mais doivent connaître les calendriers pour anticiper les arrivées de stagiaires et de jeunes fonctionnaires.
Concours de la FPH de direction : organisés par le CNG avec formation à l'EHESP ; les établissements hospitaliers participent à l'accueil des élèves directeurs en stage mais n'organisent pas les concours eux-mêmes.
Chiffres clés
1 reçu sur 8 — taux moyen de réussite aux concours de catégorie A de la FPE, illustrant la forte sélectivité de ces recrutements — source : DGAFP, Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, 2023
36 % — part des agents de la FPE relevant de la catégorie A, proportion la plus élevée des trois versants — source : DGAFP, Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, 2023
Bac +3 minimum — niveau de qualification requis pour le concours externe de catégorie A de base, contre bac pour la catégorie B et aucun diplôme pour la catégorie C — source : CGFP, art. L321-1
18 mois — durée de la formation initiale des administrateurs territoriaux à l'INET après réussite au concours, avant prise de poste effective — source : CNFPT, modalités de formation, 2023
3. Les enjeux du recrutement en catégorie A pour les employeurs publics
Les quatre enjeux principaux du recrutement en catégorie A pour les employeurs publics en 2026 sont : la concurrence directe avec le secteur privé pour les mêmes profils diplômés, la durée des formations post-concours qui retarde la prise de poste effective, la pénurie de lauréats sur les spécialités techniques en tension et l'écart de rémunération en début de carrière qui dissuade les candidats qualifiés d'intégrer la fonction publique par la voie du concours.
Concurrence avec le secteur privé : un diplômé de master en droit, finances ou ingénierie qui réussit un concours de catégorie A perçoit un traitement indiciaire de début de carrière nettement inférieur aux offres du secteur privé pour le même niveau de qualification — la CNFPT (Observatoire de l'emploi, 2022) identifie cet écart comme le principal frein au recrutement en catégorie A sur les métiers techniques et numériques.
Délais allongés par les formations post-concours : les corps recrutés via les grandes écoles de service public (INET, EHESP, IRA) imposent une formation initiale de 12 à 18 mois après le concours avant la prise de poste effective — un délai incompatible avec les besoins urgents des employeurs, qui doivent souvent maintenir un contractuel pendant toute cette période.
Pénurie sur les spécialités techniques : pour les ingénieurs territoriaux dans les spécialités numériques, environnementales ou de gestion patrimoniale, les listes d'aptitude issues des concours CDG et CNFPT sont régulièrement épuisées avant leur terme, contraignant les collectivités à des recours contractuels coûteux et difficiles à trouver.
Attractivité insuffisante de l'offre RH : sans communication claire sur la rémunération globale (traitement + régime indemnitaire + avantages différés), les perspectives de carrière et l'impact des missions sur l'intérêt général, les employeurs publics ne peuvent pas compenser l'écart salarial initial avec le secteur privé — le benchmark Jobpublic (2023) documente que les collectivités qui formalisent une offre RH complète pour leurs postes de catégorie A recrutent plus rapidement et avec des profils plus qualifiés.
4. Le cadre réglementaire du recrutement en catégorie A dans la fonction publique
Le cadre réglementaire du concours de catégorie A dans la fonction publique repose sur quatre textes principaux qui définissent les conditions d'accès, les modalités d'organisation, les obligations des jurys et les règles propres aux corps de catégorie A+ dont l'organisation relève de structures nationales plutôt que des CDG locaux. La complexité de ce cadre tient à la pluralité des organismes organisateurs — CDG, CNFPT, ministères, CNG — et à la multiplicité des statuts particuliers applicables à chaque corps.
CGFP, articles L320-1 à L325-6 et L411-1 à L413-1 : posent le principe du concours comme mode exclusif de recrutement en catégorie A, définissent les trois voies d'accès et les conditions générales de candidature ; les articles L411-1 à L413-1 fixent les règles spécifiques aux corps dont la formation initiale est assurée par les établissements d'enseignement de la fonction publique (IRA, INSP, EHESP, INET) — l'admission au concours ouvre le droit à la formation mais non à la nomination immédiate.
Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, articles 36 à 44 et article 45 (FPT) : confient au CNFPT l'organisation des concours de la catégorie A+ territoriale (administrateurs, ingénieurs en chef) et aux CDG ceux de la catégorie A de base (attachés, ingénieurs, conseillers socio-éducatifs) ; fixent les règles de validité des listes d'aptitude et les conditions d'accès par détachement pour les fonctionnaires d'un autre versant.
Décrets portant statut particulier de chaque corps ou cadre d'emplois de catégorie A : définissent les conditions précises de diplôme, les programmes des épreuves et leur organisation, les durées et coefficients, les règles de classement des lauréats et les conditions de titularisation après la période de formation initiale ou de stage ; leur multiplicité impose une veille réglementaire permanente aux DRH qui recrutent sur plusieurs cadres d'emplois de catégorie A.
Loi n° 2019-828 du 6 août 2019 (transformation de la fonction publique), articles 15 à 17 : ont élargi les possibilités de recrutement contractuel sur emplois permanents de catégorie A — notamment pour les emplois de direction et les emplois nécessitant des compétences techniques très spécialisées — créant une concurrence de fait avec la voie du concours pour les employeurs publics ; ont également renforcé les obligations de formation des jurys et les règles de transparence des procédures de sélection.
Point de vigilance : pour les concours de catégorie A organisés par les CDG, la collectivité qui souhaite recruter un lauréat de liste d'aptitude doit proposer le poste dans l'ordre du classement si la liste est ordonnée. Toute tentative de contournement de cet ordre — en proposant un poste moins attractif à un lauréat bien classé pour favoriser un autre candidat — constitue une irrégularité susceptible d'être relevée par le contrôle de légalité et annulée par le juge administratif. La liberté de choix de l'employeur porte sur la décision de recruter ou non, non sur l'ordre dans lequel les lauréats sont approchés.
5. Optimiser le recrutement en catégorie A : bonnes pratiques pour les employeurs
5.1 Construire un vivier de candidats en catégorie A en amont du concours
Construire un vivier de candidats potentiels pour les postes de catégorie A passe par trois canaux complémentaires en amont du concours : les partenariats avec les écoles de service public et les IEP qui forment les futurs candidats, l'accueil de stagiaires de master en immersion dans les services, et la présence sur les forums métiers organisés par le CNFPT et les associations d'élus. Ces actions permettent à la collectivité de se faire connaître des candidats avant qu'ils ne s'inscrivent en liste d'aptitude, et d'être en tête de leur liste de collectivités cibles au moment de leur recrutement.
Nouer des conventions de partenariat avec les IEP et IPAG de la région pour accueillir des étudiants en stage longue durée sur les postes de catégorie A en tension, en leur confiant des missions réelles valorisables dans leur dossier de concours.
Participer aux forums et journées de recrutement organisés par le CNFPT et les associations de collectivités pour présenter les postes de catégorie A ouverts et les conditions offertes — publicité gratuite auprès d'un public en préparation active.
Maintenir un contact régulier avec les anciens stagiaires et les candidats intéressés par la collectivité, pour être en mesure de les contacter immédiatement à leur inscription sur liste d'aptitude.
5.2 Construire une offre RH compétitive pour les postes de catégorie A
Construire une offre RH compétitive pour les postes de catégorie A repose sur quatre éléments différenciants que les recruteurs publics sous-exploitent systématiquement face au secteur privé : la rémunération globale explicitée (traitement + IFSE élevée pour la catégorie A + CIA + avantages différés), l'autonomie et l'impact direct des missions sur l'intérêt général, les perspectives de carrière formalisées sur cinq et dix ans, et les conditions de travail (télétravail, flexibilité horaire, qualité du management). Selon le benchmark Jobpublic (Benchmark attractivité employeurs publics, 2023), les collectivités qui communiquent sur ces quatre éléments dès l'offre d'emploi multiplient leur taux de candidatures qualifiées en catégorie A.
Mentionner systématiquement dans les offres publiées sur la PEP la fourchette de rémunération totale (traitement + IFSE estimée) et les perspectives d'évolution vers le grade principal ou la catégorie A+.
Présenter lors de l'entretien de recrutement un tableau de bord des projets portés par le poste sur les 12 à 24 mois à venir — les candidats de catégorie A choisissent autant pour les missions que pour la rémunération.
5.3 Soutenir la préparation au concours interne de catégorie A pour ses agents de catégorie B
Soutenir la préparation au concours interne de catégorie A pour les agents de catégorie B est le levier de gestion des compétences à plus fort retour sur investissement pour les employeurs publics. Un agent de catégorie B préparé et aidé par son employeur pour réussir le concours interne de catégorie A constitue, s'il réussit, un cadre qui connaît parfaitement la collectivité, ses enjeux et sa culture — et qui est bien plus fidèle qu'un lauréat recruté de l'extérieur. Le coût de cette préparation (financement via le CNFPT, aménagement du temps de travail) est très inférieur au coût d'un recrutement externe raté.
Identifier chaque année lors des entretiens professionnels les agents de catégorie B éligibles au concours interne de catégorie A et motivés pour le tenter, et formaliser avec eux un plan de préparation sur 12 à 24 mois.
Financer la préparation via le plan de formation et les droits à la formation du CNFPT, en privilégiant les préparations intensives proposées par les CNFPT régionaux pour les concours d'attaché et d'ingénieur territorial.
5.4 Gérer l'accueil des lauréats et des stagiaires de catégorie A avec rigueur
Gérer l'accueil d'un lauréat de catégorie A avec rigueur, notamment pour les corps issus des grandes écoles (INET, IRA, EHESP), est une condition de sa fidélisation à long terme. Un stagiaire ou un jeune fonctionnaire de catégorie A mal accueilli — sans mission structurée, sans encadrant référent, sans perspective claire — part souvent au bout d'un ou deux ans vers une autre collectivité ou vers le secteur privé, annulant le bénéfice du recrutement. Les trois conditions d'un accueil réussi sont : une fiche de poste précise remise avant la prise de fonctions, un encadrant référent désigné et formé à l'accueil de cadres, et un premier entretien d'évaluation à trois mois.
Désigner un encadrant référent pour tout stagiaire ou lauréat de catégorie A dès la confirmation de la prise de poste, avant même l'arrivée effective dans la collectivité.
Organiser un entretien de suivi à un mois, trois mois et six mois pour tout agent de catégorie A nouvellement recruté, pour détecter les signaux de départ précoce et y remédier avant qu'ils ne se concrétisent.
Transmettre à l'école de service public (INET, IRA) les évaluations de stage dans les délais impartis pour ne pas bloquer la titularisation du stagiaire — un retard engage la responsabilité de l'employeur d'accueil.
6. Questions fréquentes sur le concours fonction publique catégorie A
Qu'est-ce que l'INET et quel rôle joue-t-il dans le recrutement des administrateurs territoriaux ?
L'INET (Institut national des études territoriales), basé à Strasbourg, est l'école de la fonction publique territoriale chargée de la formation initiale des cadres de catégorie A+ de la FPT — administrateurs territoriaux, ingénieurs en chef, conservateurs du patrimoine et des bibliothèques, médecins territoriaux. Après réussite au concours organisé par le CNFPT, les lauréats suivent une formation de 18 mois à l'INET incluant des stages en collectivité, avant d'être inscrits sur liste d'aptitude et de pouvoir être recrutés. Les collectivités d'accueil jouent un rôle clé pendant les stages en confiant aux élèves des missions réelles — c'est souvent pendant le stage que se décide le recrutement ultérieur.
Comment se distinguent les épreuves du concours d'attaché territorial par rapport aux catégories B et C ?
Le concours externe d'attaché territorial est nettement plus exigeant que les concours de catégories B et C sur trois plans. Le niveau des épreuves écrites : note de synthèse (4h) et rapport avec propositions (4h) nécessitent une maîtrise approfondie du droit public, des finances locales et de l'environnement territorial — voir notre article sur le concours de catégorie B pour la comparaison des niveaux. La durée de préparation : 12 à 18 mois sont généralement nécessaires contre 6 à 12 mois pour la catégorie B. La sélectivité : avec parfois plus de dix candidats par poste dans les grandes agglomérations, le taux d'échec à l'admissibilité dépasse souvent 80 %.
Quelles sont les conditions pour se présenter au concours interne d'attaché territorial en 2026 ?
Pour le concours interne d'attaché territorial en 2026, les conditions sont : être fonctionnaire ou agent non titulaire de droit public justifiant de quatre ans de services effectifs à la date de clôture des inscriptions, tous versants confondus. Aucune condition de diplôme n'est requise pour le concours interne — c'est la voie de promotion interne qui permet aux agents de catégorie B les plus expérimentés d'accéder à la catégorie A sans détenir de licence. Les épreuves valorisent l'expérience via la RAEP et un entretien approfondi sur le parcours professionnel. Le concours est organisé par les CDG selon un calendrier annuel publié sur la PEP.
Quelle est la différence entre les concours de catégorie A et les concours de catégorie A+ dans la fonction publique territoriale ?
La catégorie A regroupe les cadres d'emplois d'encadrement de base (attachés, ingénieurs, animateurs-directeurs…) dont les concours sont organisés par les CDG avec des listes d'aptitude locales ou régionales. La catégorie A+ regroupe les cadres d'emplois d'encadrement supérieur (administrateurs territoriaux, ingénieurs en chef, conservateurs…) dont les concours sont organisés par le CNFPT à l'échelon national, avec formation à l'INET et liste d'aptitude nationale. L'accès à la catégorie A+ est nettement plus sélectif, les responsabilités plus étendues (direction générale, direction de projet stratégique) et la rémunération en hors-échelle.
Pourquoi les concours de catégorie A peinent-ils à attirer suffisamment de candidats qualifiés en 2026 ?
Les concours de catégorie A peinent à attirer des candidats qualifiés pour trois raisons convergentes. L'écart de rémunération en début de carrière est le plus déterminant : un ingénieur ou un juriste diplômé bac +5 perçoit un traitement indiciaire de catégorie A inférieur de 30 à 50 % aux offres du secteur privé pour le même niveau de formation — un écart que la CNFPT (Observatoire de l'emploi, 2022) documente comme structurel. La durée de la préparation (12 à 18 mois) et l'incertitude du résultat dissuadent les candidats qui ont des alternatives immédiates dans le privé. Enfin, l'image de la fonction publique comme employeur d'encadrement reste insuffisamment valorisée auprès des jeunes diplômés, qui méconnaissent souvent les responsabilités réelles et l'impact des postes de catégorie A dans les collectivités de taille significative.
Conclusion
Le concours de catégorie A dans la fonction publique est en 2026 le plus stratégique et le plus disputé des trois niveaux : il donne accès aux profils dont les employeurs publics ont le plus besoin pour piloter leurs projets et adapter leurs organisations, mais c'est aussi celui pour lequel la concurrence avec le secteur privé est la plus directe et la plus intense. Maîtriser les voies d'accès, construire un vivier en amont, formuler une offre RH compétitive et soutenir la promotion interne depuis la catégorie B sont les quatre leviers qui permettent aux collectivités et établissements de ne pas subir passivement la raréfaction des lauréats disponibles.
Les employeurs publics qui investissent dans l'attractivité de leurs postes de catégorie A — par la transparence sur la rémunération globale, la qualité de l'accueil des lauréats et le soutien à la préparation interne — sont ceux qui construisent sur la durée un encadrement supérieur stable, expérimenté et engagé, indispensable à la qualité et à la continuité des services publics dont ils ont la charge. Pour une vision complète du recrutement par concours à tous les niveaux, consultez également nos articles sur le concours de catégorie B et le concours de catégorie C.
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Références : DGAFP — Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, édition 2023 · FNCDG — Observatoire des emplois territoriaux, rapport 2022 · CNFPT — Observatoire de l'emploi, des métiers et des compétences, 2022 · Code général de la fonction publique (CGFP), articles L320-1 à L325-6 et L411-1 à L413-1, en vigueur depuis le 1er mars 2022 · Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, articles 36 à 45 · Loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, articles 15 à 17 · Décret n° 2018-1351 du 28 décembre 2018 relatif à la publicité des emplois vacants sur la Place de l'emploi public · Jobpublic — Benchmark attractivité employeurs publics, 2023 (données internes, disponibles sur demande).
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