Retraite progressive fonctionnaire 2026 : conditions, calcul et obligations pour les employeurs
Publié le 9 avril 2026
Depuis son extension aux fonctionnaires par la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme des retraites, la retraite progressive est devenue un dispositif incontournable pour les employeurs publics : sur les 5,7 millions d'agents des trois versants (DGAFP, Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, 2023), une part croissante approche de l'âge de départ et cherche à aménager la fin de sa carrière plutôt qu'à partir brutalement à la retraite. Pour les collectivités territoriales et les établissements hospitaliers, ce dispositif représente à la fois une opportunité de fidéliser des agents expérimentés en fin de carrière et un défi de gestion RH dont les modalités pratiques restent mal connues.
Quelles sont les conditions exactes pour bénéficier de la retraite progressive dans la fonction publique en 2026 ? Comment se calcule la pension partielle versée pendant la période de transition ? Quelles obligations pèsent sur l'employeur public lorsqu'un agent fait valoir ce droit ? Cet article décrypte l'ensemble du dispositif, du cadre légal aux bonnes pratiques pour les DRH territoriaux, hospitaliers et d'État.
Sommaire
Définition et principes de la retraite progressive dans la fonction publique
Les conditions d'accès à la retraite progressive fonctionnaire en 2026
Les enjeux de la retraite progressive pour les employeurs publics
Le cadre réglementaire de la retraite progressive fonctionnaire
Mettre en œuvre la retraite progressive : bonnes pratiques pour les employeurs
Questions fréquentes sur la retraite progressive fonctionnaire
1. Définition et principes de la retraite progressive dans la fonction publique
La retraite progressive fonctionnaire est un dispositif qui permet à un agent d'exercer son activité à temps partiel tout en percevant simultanément une fraction de sa pension de retraite, calculée au prorata de la durée de travail non effectuée. Il constitue une alternative au départ définitif à la retraite pour les agents qui souhaitent réduire progressivement leur activité professionnelle avant la cessation totale de fonctions. Introduit dans le secteur privé en 1988, ce mécanisme a été étendu aux fonctionnaires par la réforme des retraites de 2023, qui en a fait un droit opposable à l'employeur sous conditions.
Avant la loi de 2023, les fonctionnaires pouvaient certes bénéficier du temps partiel en fin de carrière, mais sans percevoir de fraction de pension pendant cette période. La retraite progressive introduit une rupture importante : l'agent liquide partiellement ses droits à retraite tout en continuant à cotiser sur la quotité travaillée, ce qui lui permet de continuer à acquérir des droits supplémentaires jusqu'à la liquidation totale. Pour l'employeur public, cela signifie qu'il doit gérer simultanément un agent à temps partiel, une demande de liquidation partielle auprès de la CNRACL ou du SRE, et une organisation du poste adaptée à la nouvelle quotité de travail.
Définition synthétique — La retraite progressive fonctionnaire est un dispositif créé par la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 permettant à un agent remplissant les conditions d'âge et de durée d'assurance de travailler à temps partiel (entre 50 % et 90 % d'un temps plein) tout en percevant une fraction de pension calculée au prorata de la quotité non travaillée. Il est géré par la CNRACL pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, et par le Service des retraites de l'État (SRE) pour les fonctionnaires d'État.
Les différences avec le temps partiel classique
Versement d'une fraction de pension : contrairement au temps partiel classique, la retraite progressive ouvre droit à une pension partielle versée chaque mois par la caisse de retraite, en complément du traitement à temps partiel versé par l'employeur.
Liquidation partielle des droits : l'agent liquide une partie de ses droits à retraite dès l'entrée en retraite progressive ; cette liquidation est provisoire et sera recalculée lors de la liquidation définitive en tenant compte des cotisations versées pendant la période de transition.
Droit opposable à l'employeur : sous réserve de remplir les conditions légales, l'agent peut exiger le bénéfice de la retraite progressive sans que l'employeur puisse s'y opposer, contrairement au temps partiel classique soumis à autorisation dans certains cas.
Impact sur le calcul final de la pension : les années travaillées à temps partiel pendant la retraite progressive sont prises en compte dans le calcul de la pension définitive au prorata de la quotité travaillée, ce qui peut légèrement réduire le montant final par rapport à un départ immédiat à temps plein.
2. Les conditions d'accès à la retraite progressive fonctionnaire en 2026
Les conditions d'accès à la retraite progressive fonctionnaire en 2026 sont au nombre de trois : une condition d'âge, une condition de durée d'assurance et une condition relative à la quotité de travail. Ces trois conditions sont cumulatives et doivent être remplies simultanément au moment de la demande.
Conditions d'âge et de durée d'assurance
Âge minimal : l'agent doit avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite diminué de deux ans — soit 62 ans pour un agent dont l'âge légal est 64 ans en application de la réforme de 2023. Pour les agents bénéficiant d'un départ anticipé (carrières longues, invalidité, catégorie active), l'âge minimal est calculé de la même manière à partir de leur âge légal spécifique.
Durée minimale d'assurance : l'agent doit justifier d'au moins 150 trimestres validés (tous régimes confondus) au moment de la demande — soit 37,5 années de cotisation. Cette condition vise à réserver le dispositif aux agents proches de la retraite complète et non aux agents en début ou milieu de carrière.
Fonctionnaires en catégorie active : les agents relevant de la catégorie active (personnels de surveillance pénitentiaire, sapeurs-pompiers professionnels, certains agents hospitaliers…) bénéficient de conditions d'âge et de durée spécifiques calculées sur la base de leur âge légal propre, inférieur à celui de la catégorie sédentaire.
Conditions relatives à la quotité de travail
Fourchette obligatoire : l'agent doit exercer à une quotité comprise entre 50 % et 90 % d'un temps plein ; toute quotité en dehors de cette fourchette est incompatible avec la retraite progressive.
Accord de l'employeur sur la quotité : si l'agent a le droit d'obtenir la retraite progressive, la quotité précise de travail doit faire l'objet d'un accord entre l'agent et l'employeur ; l'employeur peut refuser une quotité spécifique si elle est incompatible avec les nécessités du service, tout en étant tenu de proposer une quotité alternative dans la fourchette légale.
Temps partiel thérapeutique exclu : le temps partiel thérapeutique accordé pour raisons médicales ne peut pas être combiné avec la retraite progressive ; les deux dispositifs sont mutuellement exclusifs.
Procédure de demande
Délai de demande : l'agent doit formuler sa demande auprès de son employeur au moins deux mois avant la date souhaitée d'entrée en retraite progressive, pour permettre à l'employeur d'organiser le service et d'instruire la demande auprès de la caisse de retraite.
Dossier de liquidation partielle : l'employeur transmet simultanément le dossier de demande de liquidation partielle à la CNRACL (FPT et FPH) ou au SRE (FPE) avec les éléments de carrière de l'agent nécessaires au calcul de la fraction de pension.
Révision possible : l'agent peut demander à modifier sa quotité de travail en cours de retraite progressive, sous réserve d'un délai de prévenance et de l'accord de l'employeur sur la nouvelle organisation du poste.
Chiffres clés
62 ans — âge minimal d'accès à la retraite progressive pour un fonctionnaire dont l'âge légal de départ est 64 ans en application de la réforme 2023 — source : loi n° 2023-270 du 14 avril 2023
150 trimestres — durée minimale d'assurance requise pour bénéficier de la retraite progressive fonctionnaire, tous régimes confondus — source : loi n° 2023-270 du 14 avril 2023
50 % à 90 % — fourchette obligatoire de quotité de travail pendant la retraite progressive ; toute quotité hors de cette plage est exclue du dispositif — source : décret d'application, 2023
30 % — part des agents de la FPT ayant plus de 55 ans, population directement concernée par les dispositifs d'aménagement de fin de carrière — source : FNCDG, Observatoire des emplois territoriaux, rapport 2022
3. Les enjeux de la retraite progressive fonctionnaire pour les employeurs publics
La retraite progressive fonctionnaire représente pour les employeurs publics à la fois une opportunité stratégique et un défi organisationnel. En 2026, avec 30 % des agents territoriaux âgés de plus de 55 ans (FNCDG, rapport 2022), ce dispositif va monter en charge et imposer aux services RH de nouvelles procédures de gestion qu'ils n'ont pas encore intégrées dans leur pratique quotidienne.
Opportunité de transmission des savoirs : maintenir en activité partielle des agents expérimentés en fin de carrière permet d'organiser des transferts de compétences vers les agents plus jeunes, de documenter des savoir-faire implicites et de réduire l'impact des départs massifs à la retraite sur la continuité du service.
Contrainte d'organisation du poste : un poste à 60 % ou 70 % ne se gère pas comme un poste à temps plein — il impose de redéfinir les missions, d'adapter les objectifs et, souvent, de prévoir un recrutement complémentaire pour couvrir la quotité non travaillée, dans un marché de l'emploi public déjà tendu.
Complexité administrative accrue : l'instruction de la demande, la coordination avec la CNRACL ou le SRE, le suivi de la liquidation partielle et la gestion du bulletin de paie intégrant simultanément un traitement partiel et une pension partielle représentent une charge administrative nouvelle pour les services RH-paie.
Enjeu d'attractivité et de fidélisation : les collectivités et établissements qui maîtrisent ce dispositif et le communiquent activement auprès de leurs agents en fin de carrière renforcent leur image d'employeur attentif aux parcours de vie, un critère de fidélisation croissant selon le benchmark Jobpublic (Benchmark attractivité employeurs publics, 2023).
4. Le cadre réglementaire de la retraite progressive fonctionnaire
Le cadre réglementaire de la retraite progressive fonctionnaire repose sur quatre textes principaux introduits ou modifiés par la réforme des retraites de 2023 : la loi du 14 avril 2023 pour le droit lui-même, le CGFP pour son articulation avec le statut général, les décrets d'application pour les modalités pratiques et les règlements de la CNRACL pour le calcul de la fraction de pension. Ce cadre est récent et les premières jurisprudences administratives sur sa mise en œuvre sont encore peu nombreuses en 2026.
Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme des retraites, articles 25 à 28 : créent le droit à la retraite progressive pour les fonctionnaires des trois versants, fixent les conditions d'âge (âge légal moins deux ans) et de durée d'assurance (150 trimestres), définissent la fourchette de quotité (50 % à 90 %) et posent le caractère opposable du droit à l'employeur ; la loi prévoit également un rapport d'évaluation remis au Parlement trois ans après l'entrée en vigueur.
CGFP, articles L351-1 et suivants (modifiés par la loi de 2023) : intègrent la retraite progressive dans le corpus statutaire commun aux trois versants, précisent son articulation avec le temps partiel de droit (loi 84-53, art. 60 bis pour la FPT) et avec les autres dispositifs d'aménagement de fin de carrière (disponibilité, temps partiel thérapeutique) ; ils confirment que l'agent continue à acquérir des droits à retraite pendant la période de retraite progressive.
Décret n° 2023-753 du 10 août 2023 relatif à la retraite progressive dans la fonction publique : fixe les modalités de calcul de la fraction de pension (prorata de la quotité non travaillée sur le traitement de référence), les délais de demande (deux mois minimum), les pièces justificatives du dossier et les modalités de révision de la quotité en cours de dispositif ; précise les obligations de l'employeur en matière d'organisation du service.
Règlement de la CNRACL (délibération du conseil d'administration, 2023) : pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, précise les modalités de liquidation partielle de la pension, les conditions de révision lors de la liquidation définitive, et les interactions entre la fraction de pension et les autres éléments de rémunération (régime indemnitaire, NBI) pendant la période de retraite progressive.
Point de vigilance : la fraction de pension versée pendant la retraite progressive est calculée sur la base du traitement indiciaire de référence à temps plein, et non sur le traitement effectivement perçu à temps partiel. Un agent travaillant à 60 % perçoit une fraction de pension correspondant à 40 % de sa pension théorique à taux plein, calculée sur son indice majoré à temps plein. Toute erreur de l'employeur dans la transmission des éléments de carrière à la CNRACL ou au SRE — notamment l'indice majoré exact et les éventuels éléments de NBI — peut conduire à un calcul incorrect de la fraction de pension, engageant la responsabilité de la collectivité en cas de préjudice pour l'agent.
5. Mettre en œuvre la retraite progressive : bonnes pratiques pour les employeurs
5.1 Anticiper les demandes par une cartographie des agents éligibles
La première étape pour un employeur public est d'identifier en amont les agents susceptibles de demander la retraite progressive dans les deux à trois prochaines années, avant que les demandes n'arrivent de manière imprévisible. Cette cartographie permet d'anticiper les réorganisations de postes nécessaires, de préparer les recrutements complémentaires et de former le service RH-paie aux nouvelles procédures administratives avant d'en avoir besoin en urgence.
Extraire du SIRH la liste des agents ayant plus de 60 ans ou approchant des 150 trimestres de cotisation, et les croiser avec les postes dont la vacance partielle serait difficile à couvrir.
Organiser des entretiens de fin de carrière systématiques à partir de 58 ans pour détecter les intentions de départ et proposer proactivement les dispositifs d'aménagement disponibles, dont la retraite progressive.
Former le responsable paie aux modalités de calcul de la fraction de pension CNRACL/SRE et aux interactions avec le bulletin de paie mensuel dès 2025, avant les premières demandes.
5.2 Organiser le poste pour une quotité réduite
Organiser un poste en retraite progressive implique trois étapes séquentielles : réviser la fiche de poste dès la validation de la demande, évaluer le besoin de recrutement complémentaire pour couvrir la quotité non travaillée, et planifier une période de chevauchement entre l'agent et son éventuel successeur pour assurer la transmission des savoirs. Accepter une demande sans engager ces trois étapes est l'erreur opérationnelle la plus fréquente — elle conduit à un agent à 60 % qui continue d'assumer 100 % de ses missions, source d'épuisement et de tensions avec l'équipe.
Réviser la fiche de poste de l'agent dès la validation de sa demande de retraite progressive, en distinguant les missions maintenues, les missions transférées et les missions supprimées.
Évaluer le besoin de recrutement complémentaire (contractuel, stagiaire, agent en mobilité interne) pour couvrir la quotité non travaillée sur les missions critiques.
Organiser une période de chevauchement entre l'agent en retraite progressive et son éventuel successeur pour faciliter la transmission des savoir-faire et des dossiers en cours.
5.3 Sécuriser la procédure administrative avec la CNRACL ou le SRE
La coordination avec la caisse de retraite est le point le plus technique de la mise en œuvre de la retraite progressive pour l'employeur public. Une erreur dans la constitution du dossier de liquidation partielle — indice majoré inexact, trimestres mal comptabilisés, NBI omise — peut retarder le versement de la fraction de pension et priver l'agent de revenus pendant plusieurs mois. La rigueur documentaire est ici un impératif juridique et managérial.
Vérifier systématiquement la situation individuelle de retraite (SIR) de l'agent auprès de la CNRACL avant de constituer le dossier de liquidation partielle, pour s'assurer de l'exactitude des éléments de carrière.
Transmettre le dossier de liquidation partielle à la CNRACL ou au SRE au moins six semaines avant la date d'entrée en retraite progressive pour laisser le délai d'instruction nécessaire.
Conserver une copie complète du dossier transmis pour répondre aux éventuelles demandes de correction ou de complément de la caisse de retraite.
5.4 Communiquer sur le dispositif auprès des agents concernés
Communiquer sur la retraite progressive auprès des agents de plus de 58 ans passe par trois canaux complémentaires : les entretiens professionnels annuels, les réunions d'information collective dédiées aux agents seniors et les supports RH internes (guide des départs, intranet, fiches pratiques). Ce dispositif étant récent, de nombreux agents éligibles en ignorent encore l'existence ou les conditions précises en 2026 — l'information proactive de l'employeur est donc un prérequis pour recevoir des demandes bien préparées et dans les délais réglementaires. Selon le benchmark Jobpublic (Benchmark attractivité employeurs publics, 2023), la communication sur les dispositifs d'aménagement de fin de carrière figure parmi les trois leviers les plus efficaces pour améliorer la perception de l'employeur par les agents seniors.
Intégrer une présentation de la retraite progressive dans le guide des départs à la retraite remis à tous les agents ayant plus de 58 ans, aux côtés des autres dispositifs (disponibilité, temps partiel classique, cumul emploi-retraite).
Former les responsables RH de proximité (assistants de direction, référents RH de service) à répondre aux premières questions des agents sur la retraite progressive sans renvoyer systématiquement vers le service central.
6. Questions fréquentes sur la retraite progressive fonctionnaire
Qu'est-ce que la retraite progressive fonctionnaire et en quoi diffère-t-elle du temps partiel classique ?
La retraite progressive fonctionnaire permet de travailler à temps partiel (entre 50 % et 90 %) tout en percevant simultanément une fraction de pension de retraite versée par la CNRACL ou le SRE, contrairement au temps partiel classique qui ne donne lieu qu'au traitement à temps partiel. Elle a été créée par la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 et constitue un droit opposable à l'employeur dès lors que les conditions légales sont remplies. La principale différence pratique est donc financière : l'agent en retraite progressive perçoit deux sources de revenus (traitement partiel + fraction de pension), tandis que l'agent en temps partiel classique ne perçoit que son traitement réduit.
Comment est calculée la fraction de pension pendant la retraite progressive ?
La fraction de pension versée pendant la retraite progressive est égale à la pension théorique à taux plein de l'agent, calculée sur la base de son traitement indiciaire à temps plein et de sa durée d'assurance au moment de la demande, multipliée par la quotité non travaillée. Ainsi, un agent travaillant à 60 % perçoit une fraction de pension correspondant à 40 % de sa pension théorique. Ce calcul est provisoire : lors de la liquidation définitive, la pension est recalculée en intégrant les trimestres supplémentaires acquis pendant la retraite progressive, ce qui peut légèrement augmenter le montant final.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de la retraite progressive dans la fonction publique territoriale ?
Dans la FPT, les trois conditions cumulatives sont : avoir atteint l'âge légal de départ diminué de deux ans (soit 62 ans pour un agent dont l'âge légal est 64 ans), justifier d'au moins 150 trimestres d'assurance tous régimes confondus, et exercer à une quotité comprise entre 50 % et 90 % d'un temps plein. La demande doit être formulée au moins deux mois avant la date souhaitée d'entrée en dispositif, et le dossier de liquidation partielle est instruit par la CNRACL, caisse de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers.
Quelle est l'incidence de la retraite progressive sur le montant définitif de la pension ?
La retraite progressive a un impact limité mais réel sur le montant définitif de la pension. Les trimestres travaillés à temps partiel pendant la période de retraite progressive sont comptabilisés au prorata de la quotité travaillée — un trimestre à 60 % compte pour 0,6 trimestre. Cela signifie qu'un agent qui travaille trois ans à 60 % en retraite progressive acquiert l'équivalent de 1,8 année de cotisation supplémentaire, au lieu de 3 à temps plein. L'impact reste généralement faible car les agents qui entrent en retraite progressive sont proches du taux plein et les trimestres supplémentaires ont une valeur marginale décroissante.
Pourquoi la retraite progressive est-elle un enjeu stratégique pour les employeurs publics en 2026 ?
La retraite progressive est stratégique pour les employeurs publics en 2026 pour trois raisons. Premièrement, 30 % des agents territoriaux ont plus de 55 ans (FNCDG, rapport 2022), ce qui signifie que les demandes vont se multiplier dans les prochaines années sans que la plupart des services RH y soient préparés. Deuxièmement, ce dispositif permet de conserver en activité partielle des agents expérimentés dont le départ immédiat créerait des ruptures de compétences difficiles à combler dans un marché de l'emploi public tendu. Troisièmement, maîtriser et valoriser ce dispositif renforce l'attractivité de l'employeur auprès des agents seniors, qui représentent une part croissante de la population active publique.
Conclusion
La retraite progressive fonctionnaire est l'un des apports les plus significatifs de la réforme des retraites de 2023 pour la gestion RH des employeurs publics. Elle transforme un départ à la retraite en un processus progressif qui peut s'étaler sur plusieurs années, offrant à l'employeur une fenêtre d'organisation précieuse pour anticiper les réorganisations, assurer les transmissions de compétences et adapter les postes. En 2026, les collectivités et établissements qui ont anticipé ce dispositif — par une cartographie des agents éligibles, des procédures administratives rodées et une communication proactive — sont ceux qui en tirent le meilleur parti sans en subir les contraintes.
À l'inverse, les employeurs qui découvrent la retraite progressive au moment où un agent dépose sa demande se retrouvent en position réactive, contraints d'instruire un dossier complexe dans des délais courts, de réorganiser un poste en urgence et de gérer une transition non préparée. La différence entre ces deux postures tient uniquement à l'anticipation — et c'est précisément ce que permet une politique RH seniors structurée dès aujourd'hui.
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Références : DGAFP — Rapport annuel sur l'état de la fonction publique, édition 2023 · FNCDG — Observatoire des emplois territoriaux, rapport 2022 · Code général de la fonction publique (CGFP), articles L351-1 et suivants, en vigueur depuis le 1er mars 2022, modifiés par la loi n° 2023-270 · Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 portant réforme du système de retraites, articles 25 à 28 · Décret n° 2023-753 du 10 août 2023 relatif à la retraite progressive dans la fonction publique · Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, article 60 bis · Jobpublic — Benchmark attractivité employeurs publics, 2023 (données internes, disponibles sur demande).
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